« Angoisse » : Chapitre 23

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Depuis une bonne semaine, lorsque je tripote le côté droit de mon nez (au niveau du « dôme » et juste au-dessus) ou que j’applique ma crème de nuit, il m’arrive de recevoir une sorte de décharge électrique. Ou de fort coup d’aiguille. Ou de brûlure. C’est une sensation très « métallique » et c’est assez violent. A l’intérieur, ça « craque ». Comme si les tissus se déchiraient. Ou que les fils situés dans mon nez s’arrachaient. Douloureux et un chouïa flippant… Il me suffit de masser quelques secondes le côté droit de mon nez pour que tout rentre dans l’ordre. Le répit dure alors quelques heures.

Nouveau pépin ? Ou est-ce lié au problème déjà existant ? Dois-je m’en inquiéter ? En informer mon chirurgien – que je ne reverrai désormais que le matin de l’opération, et déjà dans les vapes ? Cela aura-t-il une incidence sur la suite des choses… ? C’est reparti pour un tour de « space shot » !

Mise à jour du 12 juillet 2017 :

Deux semaines après ce dernier article, cela ne s’est pas arrangé. Je n’ose plus me moucher, car cela me tire le nez vers le haut et provoque les fameuses douleurs (lesquelles surviennent dans la seconde, quand mon nez reprend « sa place »). Par conséquent, je recommence ma consommation massive de coton-tiges – lesquels me permettent de ne pas traumatiser mon promontoire ! Je me suis – par ailleurs – rendue compte que, lorsque les coups d’aiguille se font sentir, « quelque-chose » bouge à l’intérieur de mon nez. A cet instant, lorsque je masse le dôme, avec mon pouce, il me semble remettre des pièces de puzzle en place. In fine, lorsque je souffre, mon tarin est cartonné. Raide. En quelques secondes de malaxage, il retrouve toute sa souplesse. Et se fait oublier. Plus insaisissable que la théorie de la gravitation quantique… !

J’ai – enfin – pu joindre le secrétariat de mon chirurgien cet après-midi. La secrétaire – très calée en matière de rhinoplastie – pense (tout comme bibi !) qu’il est préférable que je revoie le docteur avant ses vacances et l’opération. J’ai donc rendez-vous avec lui le 27 juillet prochain. 

La suite des (mes)aventures au prochain numéro…

9 mois… d’espérance vaine

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Cinq mois se sont écoulés depuis mon dernier billet. Une éternité durant laquelle mon nez aurait dû évoluer. Hélas… ! Nous nous étions quittés alors que je faisais le bilan de ma première injection de Diprostène – un dérivé de cortisone qui avait pour objectif de faire disparaître le dôme situé sur l’aile droite de mon nez, en diminuant la fibrose. A la fin du mois de mars, je recevais une seconde injection – dont je me souviendrai longtemps, étant donné la douleur cuisante ressentie. Vas-y que je t’enfonce le pouce dans l’orifice nasal, et que je t’appuie comme un malade à l’endroit de l’injection afin d’éviter une hémorragie plus qu’improbable ! Me voilà le promontoire coloris pêche de vigne, et pleine d’espoir pour une première place au très bavarois « Championnat du monde du plus gros nez ». Le chirurgien est aussi détendu que je suis anxieuse : il estime que la fibrose a plutôt diminué. Euh…

Je suis plus que sceptique – et, à cette heure, encore convaincue que j’ai fait le mauvais choix en me faisant opérer. Je pense à cette toile italienne du 16e siècle sur laquelle j’ai fait une croix pour m’offrir un nez plus harmonieux ; à la montre Tank de Cartier dont je rêve depuis dix ans ; à ce séjour à Savannah (Géorgie, USA) encore repoussé… Il m’arrive bien, parfois – si me me couche au petit matin – de constater que l’aile gauche de mon nez, alors presque désenflée, présente de jolis contours… Mais l’aile droite gâche l’ensemble, la dissymétrie entre les deux côtés s’en trouve encore davantage accentuée – et surtout, au réveil, quelques heures plus tard, c’est l’effet « Cendrillon à minuit » : la joliesse a disparu ! Le prochain rendez-vous avec le chirurgien est fixé au 12 juin. J’effectue un détour par la pâtisserie pour remonter le moral des troupes… 

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D’avril à juin, j’oscille entre espoir et déconfiture, mais penche de plus en plus vers cette dernière. Mon premier geste, au réveil, est de porter la main à mon nez. Et chaque matin, c’est la même chanson ! Un nez gonflé à l’hélium. Qui, au fil de la journée, perdra un peu en rondeur, un peu en largeur. Mais si peu. A partir du mois d’avril, je parviens enfin à me moucher normalement – c’est-à-dire en soufflant dans un kleenex et sans avoir besoin d’un coton-tige. En mai, pour bien faire, j’ai un rhume carabiné, qui ne passe pas. Je crève à petit feu : impossible de déglutir, oreille droite bouchée, perte quasi-totale du goût, sinus infectés, etc. Je vous épargne la gueule de mon appendice… Je remarque – à cette occasion – qu’après une rhinoplastie, tout est plus violent, plus intense : un rhume, une rhinite allergique, et c’est directement la perte d’odorat ! La bonne nouvelle, c’est que la cicatrice située sous ma columelle a presque totalement disparu – donc, n’hésitez pas si vous souhaitez une rhinoplastie « ouverte ».

Le 12 juin, c’était hier. Et il fallait que « quelque-chose » bouge – parce que je n’aurais pas pu entendre, une nouvelle fois, que les choses suivaient leur cours « tran-qui-lle-ment ». Le chirurgien a une heure de retard ; j’ai lu toute la presse à la disposition du patient et j’en arrive à me passer les nerfs sur l’interrupteur de la salle d’attente. Dans le cabinet, le docteur N. ne prend même plus la peine de faire les habituels clichés. Nous cherchons ensemble la nature du problème. La fibrose a presque entièrement disparu, car le nez a retrouvé une certaine souplesse. Une troisième injection de Diprostène ne servirait donc à rien – de toutes façons, je ne saurais la supporter. L’hypothèse d’un souci d’origine cartilagineux est évoqué. Mais lorsque j’explique au chirurgien que mon nez se transforme sous les doigts, qu’il me suffit d’aplanir le renflement durant quelques secondes pour que – tel de la pâte à modeler – il conserve une minute la forme donnée, le praticien fronce les sourcils et exclu ladite hypothèse. Je lui dis avoir la très nette sensation que le dôme est constitué d’air, qu’il ne renferme aucune matière. Le docteur N. avance alors une troisième et dernière hypothèse : le problème doit être d’ordre cutané. La peau de mon nez, côté droit, a dû mal se rétracter après l’opération – soit que ma peau est trop épaisse (m’étonnerait…), soit qu’elle manque d’élasticité. Par conséquent, elle n’adhère pas à l’os. Tout ceci se tient.

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Maintenant, je VEUX des solutions ! Ou je change de crèmerie. Je conserve précieusement, depuis des mois, les coordonnées du Professeur Mimoun – qui fait des miracles à l’hôpital Saint-Louis. Le chirurgien me tripote le tarin pendant deux bonnes minutes. Il m’explique qu’il est possible de plaquer la peau contre l’os à l’aide de fils – une peu comme ces « fils tenseurs » qu’on pose au niveau des joues ou du front. Les mêmes fils que j’ai déjà – paraît-il – entre les deux cartilages alaires (lesquels définissent la forme de la pointe). « De beaux fils bleus ! » m’assure-t-il. Le type est étonnant… Je lui demande s’il a déjà effectué ce type d’opération après une rhinoplastie. « Jamais », s’exclame-t-il – imperturbable. Mais, ajoute-t-il, cela a de bonnes chances de fonctionner. Il me convainc. Comment refuser ? Si c’est le prix à payer pour ne pas rester ainsi. Et pour peut-être – qui sait ? – avoir le nez que je devais avoir. J’ai fait tellement de chemin depuis septembre dernier que je n’osais même plus y songer…

L’opération, réalisée sous anesthésie générale, aura lieu le 29 août prochain – ce qui me laisse du temps pour digérer la nouvelle, mais ne me fait pas trop patienter non plus. La columelle ne sera pas ré-ouverte, car il s’agira d’une rhinoplastie « fermé » : on évite ainsi le retour de la fibrose. Cependant on ne pourra pas s’assurer que le problème est bien d’origine cutanée : il faudrait ouvrir le nez pour cela. Quatre fils, environ, seront posés à l’aide d’une aiguille. Cela ne me coûtera rien – en dehors des frais d’anesthésie, qui devraient s’élever à 150 ou 200 euros. Je serai dehors en fin de journée ; le résultat devrait être durable et quasi-immédiat. Je ne pense pas avoir autant de désagréments post-opératoires qu’en septembre dernier.

Même si de nouvelles inquiétudes émergent – peur de rester sur la table d’opération, peur du « ratage » ou d’un mauvais diagnostic – j’ai enfin la sensation que l’horizon se dégage un peu. Je sais que j’ai deux mois et demi d’une relative sérénité devant moi. Que j’en ai fini de la « déception matinale ». Cette nouvelle opération me donne à nouveau le droit de rêver… Mais que d’angoisses avant d’en arriver là !

Quatrième mois … sous haute-tension

Nous nous sommes quittés le 6 novembre dernier ; presque deux mois se sont écoulés. Du côté de mon nez, rien n’a bougé – je me fais violence pour vous montrer, photo pourrie à l’appui, de quoi il retourne. Ni les prières, ni les massages ou le temps n’ont amélioré quoi que ce soit. Mon nez alterne entre la taille 38/40 et un bon 46/48 dix fois au cours de la journée. Je me lève avec une patate entre les deux yeux – et l’envie de repartir me coucher. Ma séance quotidienne de sport – par moins 10 degrés – me rétracte un peu le tarin. Mais je stationne dix minutes devant la cheminée et il triple. Bref, un vrai nez animal de foire ! La pointe est toujours ronde et mastoc – en particulier sur le côté droit (à gauche sur la photo). De face et par en-dessous, elle est trop relevée, asymétrique et tordue. Je vous rappelle que j’avais, à la base, un nez droit et bien équilibré – seule la pointe, au niveau des côtés seulement, me semblait un peu trop arrondie. Mais rien à voir, en termes de « rondeurs » avec l’aspect qu’il a aujourd’hui ! Seul point positif : la cicatrice, le long de la columelle est devenue presque imperceptible (nul besoin de correcteur ou d’anticernes : si vous préférez une rhinoplastie « ouverte », donc, n’hésitez pas !). Bien qu’ « en bois », mon nez est particulièrement sensible à l’eau froide et au vent. 

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Décembre 2016 : 3 mois après l’opération

Plus perturbant encore : en quelques semaines, j’ai perdu le « goût de me plaire ». J’aimais – passant devant le miroir – me surprendre à me trouver jolie. Comme tout un chacun, j’aimais – aussi – avoir le sentiment de plaire. Désormais, au pire, je fuis les regards ; au mieux, je m’en détache. En septembre, passant la porte de la clinique, je pensais que mon visage embelli, je gagnerai en force et en confiance. A présent, je « m’oublie » ; je ne suis plus qu’un « être pensant ». La mécanique du cerveau est décidément fabuleuse : cela me maintient la tête hors de l’eau… Mais combien de temps vais-je supporter la mise au placard d’une partie de moi-même ?

Il y a un mois, j’ai fait la connaissance d’une jeune femme qui a subi sa première rhinoplastie il y a des années, pendant qu’elle était dans le coma, suite à un accident de voiture. L’opération s’est révélée être une catastrophe ; l’art de la rhinoplastie était alors encore balbutiant. Elle en est à ce jour à sa cinquième rhinoplastie… Les chirurgiens refusent de l’opérer de nouveau – se contentant de lui conseiller de travailler « à s’accepter » avec l’aide d’un psychiatre. Son nez est totalement « fibrosé » (permettez-moi ce néologisme qui m’arrange !), à force d’interventions, toutes ratées. En effet, il faut savoir que si l’on opère sur de la fibrose (fibrose qu’on ne peut pas retirer), celle-ci n’en sera que plus volumineuse par la suite. Bref, en l’état actuel de nos connaissances médicales, il n’y a, pour cette jeune femme adorable, aucune solution. Son état psychique est déplorable. Au physique, ce n’est guère mieux : son nez est difforme. Elle n’est plus en mesure de travailler ; n’a plus un sou. Dépressive, elle carbure au Prozac. C’est malheureux, mais cette histoire cauchemardesque a mis un coup de frein à mon désespoir. Je me « contente » donc d’avoir des poussées de stress monstres. Et j’exclue à présent tout à fait la corde, le cyanure et le 22 Long Rifle !

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J’ai lu, il y a peu, sur le site d’un plasticien réputé, que la rhinoplastie était la plus merveilleuse des interventions à visée esthétique. J’en suis fermement convaincue. Mais elle est également la plus délicate, la plus difficile et la plus risquée. Je mesure aujourd’hui le poids de ces mots. Ce que j’aimerais vous dire, chère lectrice, cher lecteur – et que j’aurais aimé entendre avant de sauter le pas – c’est d’y aller si et seulement si votre promontoire est ingrat et qu’il vous pourrit la vie. S’il s’agit – comme dans mon cas – de corriger un tout petit défaut, peut-être est-il plus raisonnable de s’abstenir et de se consoler avec, par exemple, une jolie paire d’escarpins aux semelles rouges ! J’imagine combien lire tout çà est déplaisant. Contrariant. Même lorsqu’on croit « se demander » si l’on va opter pour une rhinoplastie, en réalité, on a davantage envie d’y aller que de s’abstenir… On souhaite donc lire des témoignages positifs. A vous de voir ce que vous êtes prêts à endurer au cas où le résultat ne serait pas celui auquel vous vous attendiez. Songez aux risques, grands, pour un si petit bénéfice. Qui n’est pas certain d’être au rendez-vous. Le mieux est l’ennemi du bien… On pense, également, souvent, qu’avec un bon chirurgien, on est « à l’abri ». Mon histoire prouve que ce n’est pas le cas. On ne sait, en réalité, jamais comment le corps va réagir, bousculé par le bistouri. Je ne fume pas, je suis en bonne santé, je fais du sport chaque jour depuis 15 ans, j’ai la peau fine et blanche (les peaux foncées sont plus sujettes à la fibrose, à cause de la mélanine, qu’elles fabriquent en quantité) : tous les feux étaient au vert.

Il y a trois jours, à cette heure tardive, j’étais sous double dose d’Urbanyl et j’essayais de me concentrer sur la page 67 d’A la recherche du temps perdu. En vain. J’avais rendez-vous, quelques heures plus tard, chez le docteur N. pour ma très crainte – et néanmoins très espérée – injection de corticoïdes.

Il est 14 h 30. Dans la salle d’attente, je plane. J’ai (re)pris une double dose d’Urbanyl, une heure avant le rendez-vous. Je me suis passée de café. Je croise le regard du chirurgien, qui – comme tout chirurgien esthétique, je suppose – ne vous regarde pas « dans les yeux » mais « dans le nez ». Je me cache derrière mes cheveux. J’ai honte. Honte d’être celle avec qui « ça a foiré » ; celle qui pose problème. Honte, en me revoyant, des mois plus tôt, avec mon éventail de photos de Megan Fox ; et osant alors naïvement penser que je pouvais obtenir un résultat similaire. Je vis ce nouveau nez comme un retour de bâton pour un pêché d’orgueil. Je me sens stupide. Stupide et enlaidie. Pour bien faire, j’ai pris 3 kilos – et tout dans la tronche. L’air détendu du docteur N. cherche à désamorcer mes inquiétudes, je le sens bien – mais je n’ai pas la force de faire semblant. Je lui souris plus que fraîchement.

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J’entre dans le cabinet. Je me suis tant oubliée physiquement que je ne parviens même plus à me tenir correctement sur mon siège. Mes années de danse classique, mon maintien pour lequel on m’a tant félicitée : tout a foutu le camp ! Je veux juste qu’il me sorte de là. Nous prenons les habituels clichés. Mon corps est glacé, dedans-dehors. Je refuse d’ôter mon écharpe cache-misère. L’ordinateur sur lequel nous visionnons les clichés déconne. Tant mieux ; cela m’épargne un traumatisme supplémentaire. Puis j’apprends qu’il n’y a plus de seringues de corticoïdes : rupture de stock, donc pas de livraison le matin même. Il n’y en a pas non plus dans les trois pharmacies du coin. Alors, si je veux bien, me dit le docteur N., je peux aller chercher une boîte de Diprostène injectable, en seringue pré-remplie, à la pharmacie du cours Clémenceau. Il me fait une ordonnance et me donne un billet de 20 euros. La secrétaire me prévient : « Ils sont bizarres ! ». T’inquiète, moi aussi, en ce moment, je suis « bizarre »… ! Je file sous le crachin. Lorsque je reviens, une patiente m’est passée devant. Merci à l’Urbanyl : alors que je devrais ruminer de me retrouver à nouveau dans la salle d’attente, je m’en fous. Je replonge dans le Elle de septembre, peuplé de filles magnifiques, dont je ne vois que le nez. Parfait. Rectiligne. 

Arrive enfin l’exquis moment où je dois m’allonger sur la table d’examen. Je lâche enfin le morceau : je suis terriblement angoissée depuis des semaines ; je n’ai même pas la « chance » d’être déçue. Etre « déçu », c’est être monté « trop haut » ; c’est avoir eu les yeux plus gros que le ventre. En sus, avec la « déception », on est dans la subjectivité pure. Moi, je suis objectivement ratée. Et puis, sachez, Docteur, que j’ai lu des horreurs sur internet au sujet des corticoïdes ! Nécrose en tête. J’en arrive presque à demander au toubib ses diplômes… Rien ne semble le déstabiliser : il est aussi zen que je suis soudainement prête à mordre. Il m’explique que cela peut arriver en cas de surdosage, avec des produits très forts, comme le Kenacort. Mais que le produit qu’il va m’injecter est beaucoup moins fort et que la dose injectée va être minime. Bouffée d’oxygène. Je lui parle de la cicatrice dite « chéloïde », qui me fiche une peur bleue (vous savez, celle qui ne cesse de « pousser »). Il m’affirme que je ne suis pas concernée ; que celle-ci est rose et boursouflée, ce qui n’est pas mon cas. Mais comment peut-il le savoir puisqu’il n’est pas allé voir au fin fond de mon tarin ?! Bon, à la rigueur – je baisse les armes, psychiquement lasse et épuisée. 

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Le chirurgien me tripote l’appendice ; il cherche à localiser précisément la fibrose, dans laquelle il va injecter les corticoïdes. Il me le retournerait presque, comme un bonnet de bain… Mon nez est dur comme du béton – fibrose oblige. Il enfile ses gants. M’explique qu’il va piquer à l’intérieur du nez : celle-là, je ne l’avais pas prévue ! Uniquement du côté droit, où j’ai cette « boule », dont il ne comprend toujours pas l’origine. Je refuse de poser les yeux sur la seringue. L’instant d’une demi-seconde, dans la panique, je me vois prendre mes jambes à mon cou… Je n’ai d’autre choix que le courage. Je ferme les yeux. Je sens que ça « craque », à l’intérieur, quand le docteur N. enfonce l’aiguille dans l’enchevêtrement de fibres de mon nez. Ce n’est pas violent, mais très désagréable. Et il repique. Encore. Et encore. Quatre fois en tout et pour tout. Cela dure dix secondes. Le geste est précis. La main, sûre. Ça saigne, un peu. Une larme m’échappe, que le chirurgien essuie : douleur, peur, tensions, soulagement… Beau paquet d’émotions !

Le docteur N. m’explique que si cela n’évolue pas favorablement, d’ici quelques mois, une opération – du côté droit seulement – sera envisageable. Que l’on ne va pas me « laisser comme çà ». Ouf… Il se rend compte ! Mais, par ces mots, il admet également que c’est « raté ». Coup de massue. Tout recommencer ? L’attente. La douche à la Bétadine-qui-pue. L’hospitalisation. La salle de réveil. La douleur. La mise hors circuit. L’attente (bis). Et la peur, surtout. Peur d’y rester. Peur du ratage. Il faut que les injections donnent le résultat escompté. IL LE FAUT.

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Nous reprenons rendez-vous pour le 14 février. On a la saint-Valentin qu’on peut ! D’ici là, avec un peu de chance, la fibrose aura diminué et mon nez aura retrouvé un peu de souplesse et d’allure. [Méthode Coué]. Si besoin est, j’aurai de nouvelles injections de Diprostène. Les améliorations – si elles surviennent – n’auront pas lieu avant 15 jours (donc, autour du 23 janvier). Je compte les jours. Et j’espère.

Mise à jour du 30 janvier 2017 :

A J + 21, le Diprostène n’a toujours pas fait effet. Je tente – avec plus ou moins de réussite – de ne pas m’effondrer, de ne pas paniquer. J’ai revu mes exigences à la baisse : je n’attends plus le nez de mes rêves – celui pour lequel je m’étais faite opérer et dont je fais le deuil (il m’est plus difficile, en revanche, de faire le deuil de mon nez d’origine). J’ai perdu 2.600 €, beaucoup de temps, d’énergie et d’estime de moi ; j’ai souffert (opération, injections, sueurs froides), espéré, désespéré… A présent, je souhaite juste retrouver un nez « normal ».

26 janvier 2017 - Copie

26 janvier 2017 : 4 mois après l’opération + 17 jours après injections de Diprostène

25 janvier 2017 (50) - Copie

26 janvier 2017 : Asymétrie gauche/droite

Les 2 premiers mois de cohabitation

Comme je l’écrivais dans le post précédent, mon nez se mettra à dégonfler le 12 septembre… avant de gonfler de plus belle quelques jours plus tard ! Au moment même où j’écris ces lignes – nous sommes le 11 novembre – mon nez est plus fort qu’il ne l’était il y a deux mois, en post-opératoire. Pire, il est à présent asymétrique. Si le côté gauche de mon nez est à peu près « normal », le côté droit, lui, est très arrondi et dur. Je précise que ce qui me déplaisait dans mon nez initial était la rondeur des côtés. Mon profil droit, qui était parfait, est à présent objectivement moche. Mon profil gauche est moins laid, mais le « petit quelque-chose » qui faisait toute sa joliesse a disparu. Comme je l’écrivais précédemment, mon nez semble raccourci ; ma lèvre supérieure, moins ourlée. Côté sensations, je suis encore « en bois ». Bref, en quelques mots, aucun point positif à ce jour. 

Je suis désemparée. Et j’ai peur. Que de fois me suis-je retenue de pleurer, ces dernières semaines… ! Sur mes 2.600 euros, économisés mois après mois. Sur mon défunt nez – que d’aucuns comparaient, de profil, à celui de Grace Kelly. Me regarder dans la glace, c’est avoir l’assurance que mon coeur va se serrer.

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Mais comment cela est-il possible ?! Comment peut-on ôter du cartilage et se retrouver avec un nez qui semble avoir eu – comme on dirait du « rab de frites » – du « rab de cartilage » ?!

Naturellement, je file sur internet… Ce n’est pas parce que c’est une idée à la con qu’il faut s’abstenir ! Je lis, ici, que le cartilage peut repousser. Là, j’apprends que lorsqu’une bosse « pousse », il faut souvent réopérer. Euh… corde, ciguë, arsenic, mort aux rats ou 357 magnum ?

J’attends avec une impatience inhabituelle mon prochain rendez-vous avec mon chirurgien, que je n’ai pas revu depuis le 15 septembre. Nous sommes le 7 novembre. Il admet qu’en effet, mon nez est asymétrique. Mais me rassure (un poil) : non, le cartilage ne repousse pas ! Non, il n’a pas raccourci mon nez ! Nous prenons la série de clichés auxquels je suis à présent habituée : face, profil gauche, profil droit, etc. Nous comparons les photographies prises le 15 septembre avec celles que nous venons de prendre. Ce n’est pas une illusion : mon nez est vraiment plus large, plus rond, asymétrique. Je m’installe sur le divan d’examen ; mon nez est tripoté, observé sous toutes ses coutures. J’attends le verdict, pas fière. « Tissu cicatriciel ! » m’annonce le docteur N. 

Quésaco ? De la fibrose. Provoquée par une surproduction de collagène et de cellules du derme. Tout cela s’est mis en place deux ou trois semaines après mon opération, et s’est formé dans les espaces de décollement de la peau. Ce qui donne, à l’œil comme au touché, une impression d’œdème ou d’excroissance. Je pense que cela est dû au fait que j’avais eu, dix ans auparavant, une intervention sur cette même aile du nez (retrait d’un petit kyste). Car le tissu cicatriciel a tendance à se développer sur une zone ayant déjà subi un acte chirurgical. Le tissu cicatriciel peut amorcer une phase d’aplanissement au bout de plusieurs mois, et s’atténuer (on aura alors une cicatrice dite « hypertrophique »). Ou pas (donnant lieu à une cicatrice dite « chéloïde » – laquelle produit du collagène encore et encore). Angoisse.

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La solution ? La chirurgie n’est pas indiquée, car la récidive est très probable. Alors, durant deux mois, je vais devoir masser doucement mon nez avec une simple crème hydratante – à raison de 2 massages par jour d’une minute chacun. Il s’agit d’un massage de type « drainage lymphatique », effectué avec la pulpe des doigts et allant de la pointe du nez vers le front, et des bords latéraux de la pointe vers l’angle interne des yeux. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, je devrais, lors de ma prochaine entrevue avec mon chirurgien, le 9 janvier prochain, subir des piqûres de faibles doses de corticoïdes dans le nez (probablement du « Kenacort »), à l’aide d’une seringue à insuline – c’est-à-dire une aiguille courte et très fine. Il faudra, alors, réitérer l’opération toutes les 4 semaines. Perspective excitante – n’est-il pas ? Les corticoïdes diminuent, en effet, le volume du tissu cicatriciel et redonnent une certaine souplesse aux tissus. Mais il existe un certain nombre de complications. Si les corticoïdes ne donnent pas le résultat escompté, il ne restera qu’a tenter… la radiothérapie !

De retour chez moi, je repars sur internet : tant qu’à faire des conneries, autant les faire comme il faut. C’est ainsi que je lis, sur le site d’un chirurgien : « [...] les massages [...] ont habituellement comme seule vertu de faire patienter l’opéré(e). »

A l’heure qu’il est, je vous avoue ne pas savoir si je peux – enfin ! – me détendre, ou si je dois vraiment m’inquiéter… Sainte Rita [patronne des causes désespérées], priez pour moi !!!

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Les 10 premiers jours suivants l’opération

Samedi 3 septembre : Lendemain de l’opération. Ce n’est qu’extase, ravissement, joie extrême ! Point de ce « choc psychologique » tant craint. Je ne peux pas respirer avec aisance, car mes narines, comprimées par les strips et gonflées par un léger et inévitable œdème (situé sous la pointe du nez), sont devenues relativement étroites. Mais c’est très supportable. Je ne vois pas grand-chose de mon nouveau nez, mais j’ai la sensation d’être déjà plus jolie et d’avoir fait le bon choix. 

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Depuis mon canapé, pas la plus petite douleur (je ne dois pas attendre que celle-ci survienne : l’infirmière me recommande un comprimé d’ibuprofène toutes les 6 heures durant deux jours). Pas le plus infime bleu. Pas le plus petit saignement. Je continue – et pour 10 jours encore – les granules homéopathiques d’arnica 15 CH. Leur efficacité est indéniable. A l’homéopathie et à l’ibuprofène, je dois ajouter le nettoyage de mes narines à l’aide d’un spray nasal. Ceci afin d’évacuer le sang séché accumulé dans le haut de mes narines, et de jouer le rôle de mouchoir. Il me faut, enfin, du côté de la columelle, badigeonner généreusement les points de suture et ce qui n’est pas encore une cicatrice de « vaseline goménolée » – nom barbare, s’il en est. Ceci afin – comme je l’apprendrai seule – d’assouplir la peau, d’apporter du confort et d’aider à la cicatrisation, en stimulant la rénovation cellulaire. Cela permet, enfin, que les fils adhèrent moins à la peau. Ma mère me rapporte de la « vaseline tout court » ; faudra bien que ça fasse l’affaire ! Voilà pour les consignes. Débrouille-toi avec çà !

La première tentative de nettoyage est assez malaisée… L’usage du spray est désagréable, car il m’est impossible d’insérer l’embout dans mes narines. Le liquide ressort aussitôt, aussi clair, et me dégouline dans la bouche. Bonheur… Passer un coton-tige enduit de vaseline sur les points de suture est moins simple qu’il n’y parait : lorsqu’un imperceptible et bien inoffensif filament de coton s’accroche à l’extrémité d’un point de suture, c’est à une véritable décharge électrique dans le tarin que vous avez affaire ! Viennent les inévitables et désormais très redoutés éternuements. Impossible de se payer le luxe de s’adonner à ce plaisir désormais interdit ! Quant à l’idée de se moucher, ce n’est même pas la peine d’y songer – malheureuse… !

Dimanche 4 septembre : Je ne cesse les va-et-vient dans la salle de bains. J’ai la sensation de pisser dans un violon, avec mes cotons-tiges et mes potions diverses. Mon nez commence à répandre une « étrange odeur »… Je parviens à ôter de mon nez du sang séché, d’une couleur brune peu ragoûtante. Mais l’humeur reste néanmoins bonne – voire extatique.

Lundi 5 septembre : « L’étrange odeur » est devenue très caractéristique : mon nez sent tout à la fois le fromage et les égouts ! Du plus grand chic. L’inquiétude monte. Je téléphone à la clinique. La secrétaire, très au fait des choses, me répond que cela peut arriver, et qu’à priori, il n’y a pas à s’inquiéter. « A priori » ? A partir de quand quitte-t-on « l’a priori » pour entrer dans l’anormalité, le grave, l’urgence ?

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Mardi 6 septembre : Premières heures du jour. J’émerge au rayon fromage… C’est de pire en pire. Je ne supporte plus. J’ai peur de « pourrir ». Déformation professionnelle – je suis historienne : je ne cesse de songer à Louis XIV et à sa gangrène qui le fait littéralement « pourrir vivant »… L’angoisse me saute à la gorge. Je cours sur internet. Sais-je me laver le nez comme il faut ? Me le nettoyé-je suffisamment ? Le chirurgien ne m’a donné aucune consigne à ces propos. Je ne trouve pas de réponse. Je file à la pharmacie. Je lutte pour ne pas me répandre en sanglots (« Ne me secouez pas, je suis plein de larmes », pour reprendre la phrase de l’écrivain Henri Calet). Je dois me débrouiller seule. Je demande du sérum physiologique. Le pharmacien me déconseille la « vaseline goménolée », à l’odeur rêvée de menthol – pourtant préconisée par les chirurgiens de France et de Navarre ! – jugée trop agressive pour mes plaies.

Je m’enferme dans la salle de bains ; je suis prête à engager les hostilités ! Après une minute de réflexion, je mets au point une technique de nettoyage qui se révélera salvatrice. Je penche ma tête sur le côté gauche. Je fais couler une bonne dose de sérum physiologique dans ma narine droite. Je tourne ma tête dans tous les sens, afin que le liquide se répande dans tous les recoins de mon nez. Avec un coton-tige, j’ôte avec délicatesse tout ce que je peux ôter de sang et de sécrétions nasales – en prenant soin de ne pas abîmer les quelques fils résorbables situés à l’intérieur de mon nez. Dix cotons-tiges y passent, mais la récolte est maigre. Je penche ma tête sur le côté droit, et je recommence l’opération sur la narine gauche. Outre le nettoyage, cela permet d’hydrater l’intérieur de mon nez, qui commence à « tirer » désagréablement.

Puis une idée me vient : si la vaseline agit positivement sur la columelle, pourquoi ne pourrait-elle pas faire de même pour l’intérieur de mon nez ? J’applique donc une fine couche de vaseline sur les parois internes de celui-ci, et une – bien épaisse – sur le haut de mes narines, là où le sang coagulé s’est accumulé. Ce qui rend ma respiration encore moins aisée – mais l’urgence est,  pour ma santé mentale, d’évacuer cette odeur pestilentielle (que je suis toutefois seule à percevoir).

Je vais renouveler l’opération quatre ou cinq fois par jour, et ce, durant deux semaines. Je laisse donc en place la vaseline plusieurs heures, avant de l’ôter au coton-tige – mon nouveau meilleur ami – de nettoyer mon nez au sérum physiologique, puis de recommencer « l’opération vaseline ». Le 9 septembre, je parviens à ôter, en un passage, un gros caillot de sang coagulé dans chaque narine – et donc, à me débarrasser à 70 % de l’exquis parfum qui me précède depuis presque une semaine. Par ailleurs, je remarque que la vaseline camoufle bien les odeurs. Un produit miracle !

Mercredi 7 septembre : J + 5 : j’ai le droit d’ôter les strips. Ce qui m’arrange, car le nettoyage de mon nez n’en sera que facilité. Si cela se fait sans douleur, j’ai peur. Terriblement peur d’un ratage. Adrénaline. Mon nez ne s’avère finalement ni beau, ni laid. Il est modérément gonflé. Cependant, ce qui faisait son charme n’est plus. Le voici plus court : l’espace compris entre ma bouche et mon nez semble en effet plus grand. Adrénaline. Je me dis que ce doit être normal ; que le nez doit s’être un peu rétracté, sous l’influence du bistouri et de l’œdème. Je crains soudainement que le chirurgien me l’ait raccourci sans m’en parler… Adrénaline. Puis je tente de me rassurer : l’opération est tout fraîche ! Bref, j’ai le palpitant qui joue les montagnes russes… Il faut admettre, toutefois, que la pointe de mon nez est légèrement plus triangulaire qu’auparavant.

En soirée, stupeur et tremblements ! mon nez commence à gonfler. Il enfle désormais d’heure en heure. A minuit, j’ai une patate en guise de tarin… Jusqu’où va-t-il aller ainsi… ? Le carrosse se transforme en citrouille. Pour bien faire, je mets des heures à comprendre que les strips, en comprimant mon nez, maintenaient celui-ci à peu près dans son état normal. Et que, par conséquent, le fait qu’il enfle désormais est tout à fait logique.

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Ce n’est toutefois que le 12 septembre - à J + 10 - qu’il commencera à dégonfler. 

2 septembre 2016 : de la salle de réveil à mon retour chez moi

Je me réveille vers 14 h, sans aucune douleur. Pour une fois, on ne me laisse pas une éternité en salle de réveil : dans la demi-heure, je retrouve ma chambre et ma mère. Je suis encore perfusée. Mon pansement consiste en un mille-feuille horizontal de strips, lesquels vont d’une narine à l’autre et s’arrêtent à la naissance des joues. La pointe de mon nez est fermement maintenue. J’ai cinq ou six très fins fils bleus qui courent le long de la columelle (puisque j’ai opté pour une rhinoplastie « ouverte »). Un épais pansement est positionné sous mes narines et touche ma lèvre supérieure : il recouvre mon philtrum  et maintient visiblement les deux mèches insérées dans mes narines. Si l’idée d’être « méchée » me faisait peur, je suis surprise de ne rien sentir : ni gène, ni douleur. Bien entendu, je ne peux pas respirer par le nez – mais ce n’est pas si incommodant. Je suis surtout heureuse d’être vivante et d’avoir fait le plus dur (du moins le crois-je à l’heure qu’il est…) ! Ma mère n’a pas tourné de l’œil en me voyant : c’est bon signe.  J’ai interdiction formelle de me lever : je dois rester dans mon lit, afin de ne pas vomir ou de faire un malaise (anesthésie oblige). Impossible donc de me rendre aux toilettes ou de me regarder dans la glace. Je n’ai pas le droit de boire non plus. Je lutte de toutes mes forces pour ne pas m’endormir ; au bout d’une heure, ne tenant plus, je ronfle comme un sonneur… Pendant que je dors, ma mère règle les frais d’anesthésie réclamés à ce moment-là.

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A mon réveil, une ou deux heures plus tard, je ne ressens toujours aucune douleur : rien au nez, rien à la tête, rien nulle part. Je me sens étrangement et parfaitement bien ! Mon unique obsession est de poser mon derrière sur les toilettes situées à un malheureux mètre de moi (mais comment est-il possible d’avoir autant envie de p*** sans avoir rien bu ?!). Une aide soignante m’apporte un curieux engin – vérification faite, on nomme cela un « bassin de lit ». Je n’ai pas le luxe de chipoter. L’entreprise n’est pas très au point : grimpée sur le bassin posé sur mon lit mou, à demi endormie, ce qui devait arriver arrive : je fais à moitié à côté… M’en fous (en des temps ordinaires, je serais totalement mortifiée) : c’est le meilleur pipi de ma vie !

On m’apporte, dans le quart d’heure qui suit, un thé, une madeleine et un yaourt. C’est décidément Noël ! Assoiffée, j’empoigne ma tasse de thé… et plonge mon pansement dedans ! Tout le bas de celui-ci est imbibé… Au bout de la trois-millième rhinoplastie, personne n’a donc songé, dans cette clinique, qu’une paille serait très bienvenue pour boire ?! Je demande une paille et l’obtiens. J’ai beau m’y prendre délicatement, je barbouille à présent le bas de mon pansement de yaourt et de miettes. Je ne vois pas comment faire autrement. Je suis surprise de ne pas avoir perdu le goût des choses : je sens parfaitement le parfum de citron de la madeleine. Mais aussi l’odeur du thé. Toutefois, ma lèvre supérieure est totalement raide. Une raideur renforcée par ma peur de « casser » les fils de ma columelle ou d’abîmer mon nouveau nez. Tout cela gène mon articulation. Mais rien de vraiment handicapant.

Dans l’heure qui suit, j’ai enfin le droit de mettre pied à terre ! Je me retrouve, en blouse bleue, devant le miroir de la salle de douche. Mon visage est badigeonné de Bétadine : je suis jaune-orangée des sourcils au menton ! Mais agréablement surprise : je ne ressemble pas à ces jeunes femmes au visage comme « boxé » que j’ai pu voir sur différents blogs. Je n’ai aucun bleu. Aucun œdème. Mes yeux sont parfaitement ouverts. La pointe de mon nez, sous les strips, me semble déjà plus rectiligne et plus fine. J’ai la sensation que les « rondeurs » que je détestais, sur les côtés, se sont envolées. Je suis rassurée – et ravie ! Je peux enfin me laver les mains et me rafraîchir. Bonheur…

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Mon infirmière vient ôter, en tirant vers le bas avec ses ongles, les mèches de mon nez (et donc l’épais pansement qui les maintenait). Si ce n’est pas agréable du tout, ce n’est pas douloureux non plus. Avec les compresses de gaze qu’elle me laisse, je dois éponger le sang qui s’écoule lentement de mes narines. Pas de quoi tourner de l’œil : trois-quatre gouttes, tout au plus, durant une heure. Je vais devoir conserver les strips collés sur mon nez durant environ 5 jours – puis je pourrai les ôter. J’ai toujours ma perf’ au bras. Je me sens dans une forme olympique !

Les deux-trois heures qui suivent sont des heures d’attente. On me dit que le chirurgien va passer vers 19 h : lui seul est habilité à donner le feu vert pour mon retour chez moi. Celui-ci arrive, sac au dos et détendu, jette à peine un coup d’œil à son travail et me donne le fameux sésame. L’infirmière est embêtée, car elle doit remplacer ma perf’ avant mon départ, et le flacon de « je-ne-sais-quoi » (un liquide transparent) qu’elle met en place s’écoule anormalement doucement. Attendre, encore… Vers 20 h, le flacon est vide : on m’ôte ma perf’, je quitte définitivement mon uniforme bleu, m’habille, me parfume, me nettoie le visage à l’aide d’un coton imbibé d’eau de rose, me coiffe : nous jetons enfin l’encre, mes deux bracelets encore aux poignets ! Comme disait Candide : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes… ».

 

2 septembre 2016 : de mon admission à la salle d’op’

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2 septembre. Le grand jour. Le réveil sonne à 5 heures du matin. Je file sous la douche. Je suis encore en mode « cerveau sur pause » ; je fais tout mécaniquement. Je dois, comme la veille au soir, me laver le corps et les cheveux avec un antiseptique – j’ai nommé « Hibiscrub 4% » (moins désagréable que la légendaire « Bétadine scrub 4% »). C’est ce qu’on appelle la « douche pré-opératoire ». Ma salle de bains et ma peau diffusent un délicieux parfum d’hôpital : un bonheur ! Je n’ai droit à aucun bijou, aucun parfum, aucun maquillage, aucune crème hydratante (ce dernier point n’étant pas précisé sur les documents que l’on m’a remis, je me suis allègrement tartinée le museau, peau très déshydratée et hypersensible oblige). Aucune goutte d’eau non plus – depuis 2 heures du matin, l’opération étant prévue pour 10 heures. J’enfile un vêtement pratique et je glisse dans mon panier tout ce dont j’aurai besoin à mon réveil : du parfum, une eau micellaire, un tube de crème hydratante et une petite bouteille d’eau. De vrais luxes, à présent ! Et je prends la route pour la clinique.

J’arrive dans un établissement ensommeillé, à demi-vide. Une télévision diffuse les infos en boucle : pas du tout anxiogène ! On m’attend pour l’admission au bureau des entrées : derniers documents à remettre (dont les résultats de la fameuse prise de sang !), d’autres à signer, frais divers à régler, etc. On me donne d’autres documents en échange, ainsi que les fameux bracelets à mon nom. L’heure est grave. De temps en temps, un petit vent de panique m’assaille ; je me vois prendre mes jambes à mon cou. Je lance, mi-figue, mi-raisin, à ma mère, qui m’accompagne : « On se taille ? ». Nous rions ; la tension redescend. Je monte à l’étage, où se trouve ma chambre et où je dois trouver le bureau des infirmières. Le personnel est aux petits soins. L’ambiance, détendue. La chambre (individuelle) est claire, spacieuse et propre. J’ai une « vraie » salle d’eau, avec douche et toilettes. Bon, c’est la moindre des choses pour 800 euros…

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Installée dans ma chambre, l’infirmière me demande si je souhaite prendre un petit calmant. Un peu, mon n’veu ! J’avale deux cachets avec un fond d’eau. C’est la gorgée la plus délectable de ma vie. Bon, j’avoue : continuant mes petits arrangements, j’ai déjà bu deux ou trois gorgées d’eau en douce dans ma petite bouteille. Elle m’apporte l’ensemble sexy en diable que je devrai enfiler sous peu : des chaussons, une charlotte, une blouse en intissé (ouverte à l’arrière ; seuls deux liens donnent un semblant d’intimité). Luxe ultime : une culotte ! Archi-transparente, mais qui a le mérite d’exister – et faute de quoi j’aurais gardé ma culotte. Non mais ! L’information selon laquelle je n’ai pas fait ma prise de sang est remontée aux oreilles de l’infirmière. Zut ! Cela fait tout un bazar. Elle m’informe que je vais probablement devoir la faire, là, dans les 5 minutes – elle va s’informer auprès de l’anesthésiste. Je me délite. Finalement, j’apprends que, pour cette fois, ça ira. Petit rire victorieux.

Il est 10 heures. Je devrais déjà être partie en salle d’op’. J’apprends que, finalement, je ne serai opérée qu’à 11 heures. Sur le fauteuil de ma chambre, j’attends que les anxiolytiques fassent leur oeuvre. Ça ne tarde pas… J’ai une envie folle de dormir. Plus embêtant : je suis prise de fous rires irrépressibles ! J’ai l’air ivre morte ! Voilà que je suis morte de honte à l’idée qu’on pense que je suis pompette… Et je ricane de plus belle ! Vingt bonnes minutes sont nécessaire pour que je retrouve mes esprits. J’enfile mon gracieux uniforme bleu. La culotte est riquiqui. Un petit 38. L’attente est interminable – mais plus une once de stress à l’horizon. J’entends le bruit du fauteuil roulant dans le couloir ; je pars avec un aide-soignant qui prend un malin plaisir à prendre les virages à 220 kilomètres à l’heure.

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Je me retrouve en moins de deux sur un brancard, enveloppée dans une couverture de survie dorée, dans une salle avec trois ou quatre patients qui attendent, comme moi, qu’on les opère. L’anesthésiste arrive, et me fiche une perfusion dans le pli du coude gauche. Pas agréable mais supportable. Une jeune femme, en face de moi, bat des cils, sa perf’ dans le bras : elle est à deux doigts de « conclure » avec l’infirmier qui vient de la piquer (Jean-Claude Dusse, si tu me lis…). Je suis au spectacle, sidérée par le je-m’en-foutisme de la donzelle : j’en oublie le pique de métal enfoncé dans mes chairs.

Dix minutes plus tard, me voilà dans la salle d’opération. Sept ou huit personnes tout de bleu vêtus s’affairent autour de moi. Allongée sur une table d’opération bien différente de ce que j’avais connu jadis – c’est-à-dire moelleuse à souhait – on me glisse une sorte de chauffage sous la blouse, lequel repose sur mes cuisses et me réchauffe agréablement. Une infirmière me dit, adorablement : « On va vous chouchouter ! ». Le reste, je ne m’en souviens pas : Morphée m’emporte en moins de deux ! Je ne saurais même pas dire de quelle façon – masque ou intra-veineuse ? – on m’a endormie…

J moins 7 : « fébrile », vous avez dit « fébrile » ?

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Alors que, jusqu’ici, l’opération à venir ne me préoccupait (étrangement) pas plus que cela, je commence à douter : et si je m’apprêtais à commettre une regrettable erreur ? Et si je me retrouvais, d’ici quelques jours, avec un nez qui me déplaît encore davantage ? Pire : et si j’étais victime d’une erreur médicale ? Encore mieux : et si je « restais » sur la table d’opération ? Je vais jusqu’à rêver que, dans la salle d’op’, j’enchaîne les arrêts cardiaques… Et si c’était un signe ? L’anesthésiste m’a demandé, en juillet, d’effectuer une prise de sang la semaine précédant l’opération ; celle-ci n’est pas obligatoire mais est conseillée. Je me dérobe. Je ne veux pas la faire. Je ne la fais pas. Ma mère me remonte les bretelles. Je lui rétorque qu’elle n’a qu’à téléphoner à la clinique pour faire annuler l’intervention ! Ce n’est qu’une demi-provocation : je suis à deux doigts d’appuyer sur le bouton « Stop ». Bref, je suis mal comme tout. Totalement perdue. Épuisée, je décide de ne plus penser à rien et de laisser le jour J venir.

Juillet 2016 : 2 mois avant l’opération

Ma décision prise, tout ira désormais très vite : je revois le docteur N. le mois suivant notre première entrevue, et je lui annonce que je souhaite être opérée. J’ai pris le temps de la réflexion – mais ne m’en suis pas fait bouillir le cerveau non plus ! J’y vais sereine. Je me contrefiche de l’opinion des gens vis-à-vis de la chirurgie esthétique. On pourrait la rapprocher de l’alcool : il y a ceux qui savourent un Saint-Emilion de temps en temps, et ceux qui s’enivrent pour s’enivrer et se retrouvent avec 7 grammes d’alcool dans le sang. C’est pourtant la même substance. Je n’ai ni mari ni enfants qu’un changement de visage pourraient perturber. J’ai le plein soutien de ma mère. J’ai envie de ce cadeau à moi-même. Tous les feux sont au vert !

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Le médecin se souvient très bien de notre entrevue du mois passé ; cela me rassure. Nous (re)prenons les 5 mêmes clichés – les photos précédentes ayant été supprimées par le chirurgien (c’est ainsi qu’il procède pour chaque patient, un certain nombre d’entre eux ne revenant pas). Je lui demande quelle est la marge d’erreur ; il me répond qu’elle est très faible, étant donné qu’une chirurgie dite « de la pointe du nez » nécessite peu de travail – même si l’opération dure environ 1 h 30. Le docteur N. me réexplique le mode opératoire.

Comment procède-t-on ? Voici ce que j’en ai compris ; un spécialiste me corrigerait peut-être. On ne touche pas à l’os. On ôte la partie haute du cartilage ou « cartilages triangulaires » (on ne touche pas à la partie basse, celle qui entoure les narines ou « cartilages alaires »). On ressert ensuite les « cartilages alaires » avec un fil, afin d’avoir une pointe plus fine et plus solide. Puis on referme. Le praticien m’explique tout cela, à l’aide d’un dessin qu’il effectue devant moi.

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La question qui se pose à présent est de savoir si je souhaite une rhinoplastie « ouverte » ou « fermée ». Quésaco ? La rhinoplastie « fermée » semble la plus courante ; on l’emploie pour les opérations basiques. Les ouvertures sont exclusivement réalisées à l’intérieur des narines ; il n’y a donc aucune cicatrice visible. La rhinoplastie « ouverte » permet un travail plus précis, et donc plus sûr. Elle est recommandée pour les travaux plus complexes. L’inconvénient est que le chirurgien incise au niveau de la columelle (la zone comprise entre les narines). La cicatrice laissée est toutefois généralement peu visible, voire imperceptible.

Le docteur N. m’explique qu’il a eu, dernièrement, un « patient pointilleux » qui voulait « un travail parfait » – et donc une « rhinoplastie ouverte ». Je m’excuse d’avance auprès du chirurgien, mais je vais me montrer aussi « pointilleuse » que ledit patient. Je souhaite prendre le moins de risques possibles ; je veux éviter les retouches et surtout, la déception. Si le prix à payer est une cicatrice quasi-imperceptible, alors je signe.

Etant donné que ma rhinoplastie est à visée purement esthétique, elle n’est pas remboursée par l’assurance maladie. Toutefois, si vous avez subi un traumatisme, avez eu un accident ou avez une gène respiratoire, sachez qu’une prise en charge partielle est possible.

Je ne reverrai à présent le chirurgien que le matin de l’opération.

Les aspects « logistiques » s’effectuent auprès de sa secrétaire, qui connaît la chirurgie du nez sur le bout des doigts. Je lui remets une copie du devis, signée. Elle me demande de prendre contact avec la clinique où opère le docteur N., pour fixer deux dates : celle de mon opération et celle de la consultation obligatoire avec l’anesthésiste. Elle me remet, enfin, cette prescription :

  • A prendre durant 5 jours avant l’intervention : « Phosphorus 15 CH » (5 granules avant le déjeuner), « China 15 CH » (5 granules au lever et au coucher), « Arnica 15 CH » (5 granules au lever et au coucher).
  • A prendre durant 10 jours après l’intervention : « Arnica 15 CH » (5 granules au lever et au coucher).

Ceci dans le but d’avoir le moins de bleus et d’œdèmes possibles. Je suis sceptique vis-à-vis de ces granules homéopathiques ; mais je suis partante pour essayer.

L’intervention sera fixée au 2 septembre suivant. Il ne reste plus qu’à patienter deux mois ; deux mois durant lesquels je n’aurais jamais autant scruté mon nez ; deux mois durant lesquels je n’aurais jamais autant observé le nez des autres.

Juin 2016 : 3 mois avant l’opération

L’heure de mon premier rendez-vous avec mon chirurgien esthétique – le docteur N. – a sonnée…

J’ai eu la chance de ne pas avoir à véritablement me faire du souci côté budget – mais je ne veux pas investir plus de 3 000 euros. Esthétiquement, je sais ce que je veux – et surtout, ce que je ne veux pas.

Le plus dur aura été de trouver « le » praticien. C’est-à-dire la personne suffisamment expérimentée, sérieuse – et dotée d’un sens esthétique certain – pour que j’ose sauter le pas.

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Comme une grande majorité de gens, j’ai débuté mes recherches sur internet. Domiciliée à Bordeaux, j’ai d’abord songé à m’y faire opérer – mais je deviens hésitante lorsque je lis ce genre de choses : « Je n’irais jamais, oh grand jamais, me faire opérer ailleurs qu’à Paris ! ». J’ai donc en premier lieu glané quelques noms en ligne. Avant de vite déchanter. Pour untel, le docteur X est « Formidable  ! », tandis que pour un autre, le même médecin l’a totalement défiguré et a fichu sa vie en l’air… Je note que les caricatures du « chirurgien esthétique » –  pédant, bling-bling et qui roule en Porsche – ne manquent pas. Je tombe même sur un toubib qui émet de faux avis sur ses compétences sur un site  médical, se faisant passer pour un mannequin belge qui ne voit que par lui. Manque de bol, l’escroc ne se rend pas compte qu’il signe un de ses  commentaires de son nom de praticien. Vient le pompon : j’apprends qu’un chirurgien esthétique de Bordeaux a été condamné par le tribunal – mais je  ne parviens pas à connaître son identité. Bref, je suis à deux doigts d’abandonner mon projet de nouveau nez… Sans compter que j’ai lu une myriade de  témoignages de rhinoplasties ratées…

Coup de chance, ma mère vient d’être opérée par un ponte bordelais. Je lui demande conseil, par l’intermédiaire de celle-ci. Elle me rapporte un nom, griffonné sur un bristol. Selon ledit médecin, ce chirurgien est totalement digne de confiance et « a l’œil » : exactement ce que j’attends. J’effectue des recherches sur Google. Je ne lis rien de dithyrambique à propos dudit médecin ; rien de catastrophique non plus. En fait, il n’y aucune info sur lui ;  hormis sur le site de l’ordre des médecins, où je peux vérifier que le monsieur est bien diplômé. Je prends rendez-vous – après tout, cela ne m’engage  encore à rien.

Trois semaines plus tard, me voilà donc dans le cabinet du docteur N. Je réalise à peine.

Depuis deux ans, j’avais tendance à scruter mon nez, à faire une petite fixette sur la légère « rondeur » des côtés de celui-ci, me repoudrant toutes les dix minutes pour éviter les brillances qui ne feraient qu’accentuer lesdites rondeurs… Je dois préciser que le « nez familial » est sublime (vous voyez Carla Bruni ?) et que, manque de bol, je n’en ai pas hérité. Je serais plutôt Céline Dion, époque Eurovision. Bon, pour être plus juste, je suis à mi-chemin entre l’Italienne et la Québécoise. Drôle de mélange, me direz-vous… Lorsque je tombe sur une photographie de bibi, je ne me reconnais pas et me trouve disgracieuse – pire, il me faut une bonne semaine et un kilo de chocolat pour m’en remettre. Sans exagération aucune.

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Le chirurgien est sympathique, propre (c’est devenu optionnel, ma bonne dame…) et semble sérieux ; il prend le temps de m’écouter et n’est pas narcissique. Mon « alarme intérieure » ne s’affole pas. Je me sens en confiance.

Nous faisons les incontournables clichés : de face, profil gauche, profil droit, dessous du nez, dessus du nez. Puis nous les regardons sur son écran d’ordinateur. Je manque défaillir : c’est toujours, psychologiquement, aussi difficile pour moi. A cet instant, je n’ai plus de doute sur le fait qu’il faut que je résolve ce qui tend à devenir un problème, et que j’ai bien fait de venir… Les premières secondes dans son cabinet, j’avais encore un doute.

Nous sommes d’accord sur le fait que mon nez est tout à fait normal, pas repoussant du tout, mais que j’ai de petites « rondeurs » sur les côtés. J’ai peur d’avoir un nez qui s’arrondisse et forcisse avec le temps ; il me confirme que cela pourrait en effet arriver. Sans jamais me forcer la main ou m’influencer durant la demi-heure que dure notre entretien. Je lui explique que j’aimerais supprimer ces « rondeurs » et obtenir quelque-chose de plus racé, plus élégant – sans toucher ni à mon profil, ni à mes narines, ni à la longueur de mon nez – qui me conviennent parfaitement. Bien que le cabinet soit tout à fait moderne, visiblement, le docteur N. ne possède pas cette fameuse machine qui permet de se voir après l’opération via une photographie retouchée. Cela me déçoit et m’inquiète : comment être certains que nous envisageons le même nez ?! Raison de plus pour lui montrer mon « tarin idéal » : je lui balance – un poil gênée – les 475 photos de Megan Fox qui j’ai fait imprimer chez Extra film. Il ne se moque pas (visiblement, il ne sait pas de qui il s’agit…). Et m’indique que cette jeune femme, qui a subi plusieurs rhinoplasties, a probablement une peau très peu épaisse – ce qui donne ce résultat très fin et très gracieux, où l’os et le cartilage se perçoivent bien sous la peau. Je n’y vais pas par quatre chemins, je veux du concret : je lui demande si je peux, grâce au bistouri, obtenir à peu près la même chose. Je suis suspendue, coeur battant, à ses lèvres. Je précise que je ne demande pas l’impossible, hein : j’ai la même forme de visage que la playmate, les mêmes narines et le nez de la même longueur. Il me répond, et toujours sans se fendre la poire, que – pour peu que ma peau soit fine (ce dont il ne peut juger avant d’avoir « ouvert ») – on peut tout à fait avoir un rendu assez proche. Bref, les feux sont au vert ! 

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Le chirurgien me remet un dossier avec le devis, dont je n’ose encore prendre connaissance (et s’il me demandait le double de mon budget ?). J’apprends, étonnée, que je ne lui dois rien sur le plan financier : il ne facture jamais les conseils. Si je souhaite être opérée, je le recontacte. En sortant du cabinet, je suis presque convaincue du bienfait de cette encore hypothétique rhinoplastie. Je jette un œil au devis : 2 600 euros tout compris (frais d’hospitalisation en ambulatoire, frais demandés par le chirurgien et l’anesthésiste, plus toutes les consultations pré et post-opératoires). Ouf !mes d’accord sur le fait que mon nez est tout à fait normal, pas repoussant du tout, mais que j’ai de petites « rondeurs » sur les côtés. J’ai peur d’avoir un nez qui s’arrondisse et forcisse avec le temps ; il me confirme que cela pourrait en effet arriver. Sans jamais me forcer la main ou m’influencer durant la demi-heure que dure notre entretien. Je lui explique que j’aimerais supprimer ces « rondeurs » et obtenir quelque-chose de plus racé, plus élégant – sans toucher ni à mon profil, ni à mes narines, ni à la longueur de mon nez – qui me conviennent parfaitement. Bien que le cabinet soit tout à fait moderne, visiblement, le docteur N. ne possède pas cette fameuse machine qui permet de se voir après l’opération via une photographie retouchée. Cela me déçoit et m’inquiète : comment être certains que nous envisageons le même nez ?!

Raison de plus pour lui montrer mon « tarin idéal » : je lui balance – un poil gênée – les 475 photos de Megan Fox qui j’ai fait imprimer chez Extra film. Il ne se moque pas (visiblement, il ne sait pas de qui il s’agit…). Et m’indique que cette jeune femme, qui a subi plusieurs rhinoplasties, a probablement une peau très peu épaisse – ce qui donne ce résultat très fin et très gracieux, où l’os et le cartilage se perçoivent bien sous la peau. Je n’y vais pas par quatre chemins, je veux du concret : je lui demande si je peux, grâce au bistouri, obtenir à peu près la même chose. Je suis suspendue, coeur battant, à ses lèvres. Je précise que je ne demande pas l’impossible, hein : j’ai la même forme de visage que la playmate, les mêmes narines et le nez de la même longueur. Il me répond, et toujours sans se fendre la poire, que – pour peu que ma peau soit fine (ce dont il ne peut juger avant d’avoir « ouvert ») – on peut tout à fait avoir un rendu assez proche. Bref, les feux sont au vert ! 

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