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Archive mensuelle de septembre 2016

2 septembre 2016 : de la salle de réveil à mon retour chez moi

Je me réveille vers 14 h, sans aucune douleur. Pour une fois, on ne me laisse pas une éternité en salle de réveil : dans la demi-heure, je retrouve ma chambre et ma mère. Je suis encore perfusée. Mon pansement consiste en un mille-feuille horizontal de strips, lesquels vont d’une narine à l’autre et s’arrêtent à la naissance des joues. La pointe de mon nez est fermement maintenue. J’ai cinq ou six très fins fils bleus qui courent le long de la columelle (puisque j’ai opté pour une rhinoplastie « ouverte »). Un épais pansement est positionné sous mes narines et touche ma lèvre supérieure : il recouvre mon philtrum  et maintient visiblement les deux mèches insérées dans mes narines. Si l’idée d’être « méchée » me faisait peur, je suis surprise de ne rien sentir : ni gène, ni douleur. Bien entendu, je ne peux pas respirer par le nez – mais ce n’est pas si incommodant. Je suis surtout heureuse d’être vivante et d’avoir fait le plus dur (du moins le crois-je à l’heure qu’il est…) ! Ma mère n’a pas tourné de l’œil en me voyant : c’est bon signe.  J’ai interdiction formelle de me lever : je dois rester dans mon lit, afin de ne pas vomir ou de faire un malaise (anesthésie oblige). Impossible donc de me rendre aux toilettes ou de me regarder dans la glace. Je n’ai pas le droit de boire non plus. Je lutte de toutes mes forces pour ne pas m’endormir ; au bout d’une heure, ne tenant plus, je ronfle comme un sonneur… Pendant que je dors, ma mère règle les frais d’anesthésie réclamés à ce moment-là.

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A mon réveil, une ou deux heures plus tard, je ne ressens toujours aucune douleur : rien au nez, rien à la tête, rien nulle part. Je me sens étrangement et parfaitement bien ! Mon unique obsession est de poser mon derrière sur les toilettes situées à un malheureux mètre de moi (mais comment est-il possible d’avoir autant envie de p*** sans avoir rien bu ?!). Une aide soignante m’apporte un curieux engin – vérification faite, on nomme cela un « bassin de lit ». Je n’ai pas le luxe de chipoter. L’entreprise n’est pas très au point : grimpée sur le bassin posé sur mon lit mou, à demi endormie, ce qui devait arriver arrive : je fais à moitié à côté… M’en fous (en des temps ordinaires, je serais totalement mortifiée) : c’est le meilleur pipi de ma vie !

On m’apporte, dans le quart d’heure qui suit, un thé, une madeleine et un yaourt. C’est décidément Noël ! Assoiffée, j’empoigne ma tasse de thé… et plonge mon pansement dedans ! Tout le bas de celui-ci est imbibé… Au bout de la trois-millième rhinoplastie, personne n’a donc songé, dans cette clinique, qu’une paille serait très bienvenue pour boire ?! Je demande une paille et l’obtiens. J’ai beau m’y prendre délicatement, je barbouille à présent le bas de mon pansement de yaourt et de miettes. Je ne vois pas comment faire autrement. Je suis surprise de ne pas avoir perdu le goût des choses : je sens parfaitement le parfum de citron de la madeleine. Mais aussi l’odeur du thé. Toutefois, ma lèvre supérieure est totalement raide. Une raideur renforcée par ma peur de « casser » les fils de ma columelle ou d’abîmer mon nouveau nez. Tout cela gène mon articulation. Mais rien de vraiment handicapant.

Dans l’heure qui suit, j’ai enfin le droit de mettre pied à terre ! Je me retrouve, en blouse bleue, devant le miroir de la salle de douche. Mon visage est badigeonné de Bétadine : je suis jaune-orangée des sourcils au menton ! Mais agréablement surprise : je ne ressemble pas à ces jeunes femmes au visage comme « boxé » que j’ai pu voir sur différents blogs. Je n’ai aucun bleu. Aucun œdème. Mes yeux sont parfaitement ouverts. La pointe de mon nez, sous les strips, me semble déjà plus rectiligne et plus fine. J’ai la sensation que les « rondeurs » que je détestais, sur les côtés, se sont envolées. Je suis rassurée – et ravie ! Je peux enfin me laver les mains et me rafraîchir. Bonheur…

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Mon infirmière vient ôter, en tirant vers le bas avec ses ongles, les mèches de mon nez (et donc l’épais pansement qui les maintenait). Si ce n’est pas agréable du tout, ce n’est pas douloureux non plus. Avec les compresses de gaze qu’elle me laisse, je dois éponger le sang qui s’écoule lentement de mes narines. Pas de quoi tourner de l’œil : trois-quatre gouttes, tout au plus, durant une heure. Je vais devoir conserver les strips collés sur mon nez durant environ 5 jours – puis je pourrai les ôter. J’ai toujours ma perf’ au bras. Je me sens dans une forme olympique !

Les deux-trois heures qui suivent sont des heures d’attente. On me dit que le chirurgien va passer vers 19 h : lui seul est habilité à donner le feu vert pour mon retour chez moi. Celui-ci arrive, sac au dos et détendu, jette à peine un coup d’œil à son travail et me donne le fameux sésame. L’infirmière est embêtée, car elle doit remplacer ma perf’ avant mon départ, et le flacon de « je-ne-sais-quoi » (un liquide transparent) qu’elle met en place s’écoule anormalement doucement. Attendre, encore… Vers 20 h, le flacon est vide : on m’ôte ma perf’, je quitte définitivement mon uniforme bleu, m’habille, me parfume, me nettoie le visage à l’aide d’un coton imbibé d’eau de rose, me coiffe : nous jetons enfin l’encre, mes deux bracelets encore aux poignets ! Comme disait Candide : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes… ».

 

2 septembre 2016 : de mon admission à la salle d’op’

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2 septembre. Le grand jour. Le réveil sonne à 5 heures du matin. Je file sous la douche. Je suis encore en mode « cerveau sur pause » ; je fais tout mécaniquement. Je dois, comme la veille au soir, me laver le corps et les cheveux avec un antiseptique – j’ai nommé « Hibiscrub 4% » (moins désagréable que la légendaire « Bétadine scrub 4% »). C’est ce qu’on appelle la « douche pré-opératoire ». Ma salle de bains et ma peau diffusent un délicieux parfum d’hôpital : un bonheur ! Je n’ai droit à aucun bijou, aucun parfum, aucun maquillage, aucune crème hydratante (ce dernier point n’étant pas précisé sur les documents que l’on m’a remis, je me suis allègrement tartinée le museau, peau très déshydratée et hypersensible oblige). Aucune goutte d’eau non plus – depuis 2 heures du matin, l’opération étant prévue pour 10 heures. J’enfile un vêtement pratique et je glisse dans mon panier tout ce dont j’aurai besoin à mon réveil : du parfum, une eau micellaire, un tube de crème hydratante et une petite bouteille d’eau. De vrais luxes, à présent ! Et je prends la route pour la clinique.

J’arrive dans un établissement ensommeillé, à demi-vide. Une télévision diffuse les infos en boucle : pas du tout anxiogène ! On m’attend pour l’admission au bureau des entrées : derniers documents à remettre (dont les résultats de la fameuse prise de sang !), d’autres à signer, frais divers à régler, etc. On me donne d’autres documents en échange, ainsi que les fameux bracelets à mon nom. L’heure est grave. De temps en temps, un petit vent de panique m’assaille ; je me vois prendre mes jambes à mon cou. Je lance, mi-figue, mi-raisin, à ma mère, qui m’accompagne : « On se taille ? ». Nous rions ; la tension redescend. Je monte à l’étage, où se trouve ma chambre et où je dois trouver le bureau des infirmières. Le personnel est aux petits soins. L’ambiance, détendue. La chambre (individuelle) est claire, spacieuse et propre. J’ai une « vraie » salle d’eau, avec douche et toilettes. Bon, c’est la moindre des choses pour 800 euros…

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Installée dans ma chambre, l’infirmière me demande si je souhaite prendre un petit calmant. Un peu, mon n’veu ! J’avale deux cachets avec un fond d’eau. C’est la gorgée la plus délectable de ma vie. Bon, j’avoue : continuant mes petits arrangements, j’ai déjà bu deux ou trois gorgées d’eau en douce dans ma petite bouteille. Elle m’apporte l’ensemble sexy en diable que je devrai enfiler sous peu : des chaussons, une charlotte, une blouse en intissé (ouverte à l’arrière ; seuls deux liens donnent un semblant d’intimité). Luxe ultime : une culotte ! Archi-transparente, mais qui a le mérite d’exister – et faute de quoi j’aurais gardé ma culotte. Non mais ! L’information selon laquelle je n’ai pas fait ma prise de sang est remontée aux oreilles de l’infirmière. Zut ! Cela fait tout un bazar. Elle m’informe que je vais probablement devoir la faire, là, dans les 5 minutes – elle va s’informer auprès de l’anesthésiste. Je me délite. Finalement, j’apprends que, pour cette fois, ça ira. Petit rire victorieux.

Il est 10 heures. Je devrais déjà être partie en salle d’op’. J’apprends que, finalement, je ne serai opérée qu’à 11 heures. Sur le fauteuil de ma chambre, j’attends que les anxiolytiques fassent leur oeuvre. Ça ne tarde pas… J’ai une envie folle de dormir. Plus embêtant : je suis prise de fous rires irrépressibles ! J’ai l’air ivre morte ! Voilà que je suis morte de honte à l’idée qu’on pense que je suis pompette… Et je ricane de plus belle ! Vingt bonnes minutes sont nécessaire pour que je retrouve mes esprits. J’enfile mon gracieux uniforme bleu. La culotte est riquiqui. Un petit 38. L’attente est interminable – mais plus une once de stress à l’horizon. J’entends le bruit du fauteuil roulant dans le couloir ; je pars avec un aide-soignant qui prend un malin plaisir à prendre les virages à 220 kilomètres à l’heure.

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Je me retrouve en moins de deux sur un brancard, enveloppée dans une couverture de survie dorée, dans une salle avec trois ou quatre patients qui attendent, comme moi, qu’on les opère. L’anesthésiste arrive, et me fiche une perfusion dans le pli du coude gauche. Pas agréable mais supportable. Une jeune femme, en face de moi, bat des cils, sa perf’ dans le bras : elle est à deux doigts de « conclure » avec l’infirmier qui vient de la piquer (Jean-Claude Dusse, si tu me lis…). Je suis au spectacle, sidérée par le je-m’en-foutisme de la donzelle : j’en oublie le pique de métal enfoncé dans mes chairs.

Dix minutes plus tard, me voilà dans la salle d’opération. Sept ou huit personnes tout de bleu vêtus s’affairent autour de moi. Allongée sur une table d’opération bien différente de ce que j’avais connu jadis – c’est-à-dire moelleuse à souhait – on me glisse une sorte de chauffage sous la blouse, lequel repose sur mes cuisses et me réchauffe agréablement. Une infirmière me dit, adorablement : « On va vous chouchouter ! ». Le reste, je ne m’en souviens pas : Morphée m’emporte en moins de deux ! Je ne saurais même pas dire de quelle façon – masque ou intra-veineuse ? – on m’a endormie…

J moins 7 : « fébrile », vous avez dit « fébrile » ?

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Alors que, jusqu’ici, l’opération à venir ne me préoccupait (étrangement) pas plus que cela, je commence à douter : et si je m’apprêtais à commettre une regrettable erreur ? Et si je me retrouvais, d’ici quelques jours, avec un nez qui me déplaît encore davantage ? Pire : et si j’étais victime d’une erreur médicale ? Encore mieux : et si je « restais » sur la table d’opération ? Je vais jusqu’à rêver que, dans la salle d’op’, j’enchaîne les arrêts cardiaques… Et si c’était un signe ? L’anesthésiste m’a demandé, en juillet, d’effectuer une prise de sang la semaine précédant l’opération ; celle-ci n’est pas obligatoire mais est conseillée. Je me dérobe. Je ne veux pas la faire. Je ne la fais pas. Ma mère me remonte les bretelles. Je lui rétorque qu’elle n’a qu’à téléphoner à la clinique pour faire annuler l’intervention ! Ce n’est qu’une demi-provocation : je suis à deux doigts d’appuyer sur le bouton « Stop ». Bref, je suis mal comme tout. Totalement perdue. Épuisée, je décide de ne plus penser à rien et de laisser le jour J venir.

Juillet 2016 : 2 mois avant l’opération

Ma décision prise, tout ira désormais très vite : je revois le docteur N. le mois suivant notre première entrevue, et je lui annonce que je souhaite être opérée. J’ai pris le temps de la réflexion – mais ne m’en suis pas fait bouillir le cerveau non plus ! J’y vais sereine. Je me contrefiche de l’opinion des gens vis-à-vis de la chirurgie esthétique. On pourrait la rapprocher de l’alcool : il y a ceux qui savourent un Saint-Emilion de temps en temps, et ceux qui s’enivrent pour s’enivrer et se retrouvent avec 7 grammes d’alcool dans le sang. C’est pourtant la même substance. Je n’ai ni mari ni enfants qu’un changement de visage pourraient perturber. J’ai le plein soutien de ma mère. J’ai envie de ce cadeau à moi-même. Tous les feux sont au vert !

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Le médecin se souvient très bien de notre entrevue du mois passé ; cela me rassure. Nous (re)prenons les 5 mêmes clichés – les photos précédentes ayant été supprimées par le chirurgien (c’est ainsi qu’il procède pour chaque patient, un certain nombre d’entre eux ne revenant pas). Je lui demande quelle est la marge d’erreur ; il me répond qu’elle est très faible, étant donné qu’une chirurgie dite « de la pointe du nez » nécessite peu de travail – même si l’opération dure environ 1 h 30. Le docteur N. me réexplique le mode opératoire.

Comment procède-t-on ? Voici ce que j’en ai compris ; un spécialiste me corrigerait peut-être. On ne touche pas à l’os. On ôte la partie haute du cartilage ou « cartilages triangulaires » (on ne touche pas à la partie basse, celle qui entoure les narines ou « cartilages alaires »). On ressert ensuite les « cartilages alaires » avec un fil, afin d’avoir une pointe plus fine et plus solide. Puis on referme. Le praticien m’explique tout cela, à l’aide d’un dessin qu’il effectue devant moi.

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La question qui se pose à présent est de savoir si je souhaite une rhinoplastie « ouverte » ou « fermée ». Quésaco ? La rhinoplastie « fermée » semble la plus courante ; on l’emploie pour les opérations basiques. Les ouvertures sont exclusivement réalisées à l’intérieur des narines ; il n’y a donc aucune cicatrice visible. La rhinoplastie « ouverte » permet un travail plus précis, et donc plus sûr. Elle est recommandée pour les travaux plus complexes. L’inconvénient est que le chirurgien incise au niveau de la columelle (la zone comprise entre les narines). La cicatrice laissée est toutefois généralement peu visible, voire imperceptible.

Le docteur N. m’explique qu’il a eu, dernièrement, un « patient pointilleux » qui voulait « un travail parfait » – et donc une « rhinoplastie ouverte ». Je m’excuse d’avance auprès du chirurgien, mais je vais me montrer aussi « pointilleuse » que ledit patient. Je souhaite prendre le moins de risques possibles ; je veux éviter les retouches et surtout, la déception. Si le prix à payer est une cicatrice quasi-imperceptible, alors je signe.

Etant donné que ma rhinoplastie est à visée purement esthétique, elle n’est pas remboursée par l’assurance maladie. Toutefois, si vous avez subi un traumatisme, avez eu un accident ou avez une gène respiratoire, sachez qu’une prise en charge partielle est possible.

Je ne reverrai à présent le chirurgien que le matin de l’opération.

Les aspects « logistiques » s’effectuent auprès de sa secrétaire, qui connaît la chirurgie du nez sur le bout des doigts. Je lui remets une copie du devis, signée. Elle me demande de prendre contact avec la clinique où opère le docteur N., pour fixer deux dates : celle de mon opération et celle de la consultation obligatoire avec l’anesthésiste. Elle me remet, enfin, cette prescription :

  • A prendre durant 5 jours avant l’intervention : « Phosphorus 15 CH » (5 granules avant le déjeuner), « China 15 CH » (5 granules au lever et au coucher), « Arnica 15 CH » (5 granules au lever et au coucher).
  • A prendre durant 10 jours après l’intervention : « Arnica 15 CH » (5 granules au lever et au coucher).

Ceci dans le but d’avoir le moins de bleus et d’œdèmes possibles. Je suis sceptique vis-à-vis de ces granules homéopathiques ; mais je suis partante pour essayer.

L’intervention sera fixée au 2 septembre suivant. Il ne reste plus qu’à patienter deux mois ; deux mois durant lesquels je n’aurais jamais autant scruté mon nez ; deux mois durant lesquels je n’aurais jamais autant observé le nez des autres.

Juin 2016 : 3 mois avant l’opération

L’heure de mon premier rendez-vous avec mon chirurgien esthétique – le docteur N. – a sonnée…

J’ai eu la chance de ne pas avoir à véritablement me faire du souci côté budget – mais je ne veux pas investir plus de 3 000 euros. Esthétiquement, je sais ce que je veux – et surtout, ce que je ne veux pas.

Le plus dur aura été de trouver « le » praticien. C’est-à-dire la personne suffisamment expérimentée, sérieuse – et dotée d’un sens esthétique certain – pour que j’ose sauter le pas.

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Comme une grande majorité de gens, j’ai débuté mes recherches sur internet. Domiciliée à Bordeaux, j’ai d’abord songé à m’y faire opérer – mais je deviens hésitante lorsque je lis ce genre de choses : « Je n’irais jamais, oh grand jamais, me faire opérer ailleurs qu’à Paris ! ». J’ai donc en premier lieu glané quelques noms en ligne. Avant de vite déchanter. Pour untel, le docteur X est « Formidable  ! », tandis que pour un autre, le même médecin l’a totalement défiguré et a fichu sa vie en l’air… Je note que les caricatures du « chirurgien esthétique » –  pédant, bling-bling et qui roule en Porsche – ne manquent pas. Je tombe même sur un toubib qui émet de faux avis sur ses compétences sur un site  médical, se faisant passer pour un mannequin belge qui ne voit que par lui. Manque de bol, l’escroc ne se rend pas compte qu’il signe un de ses  commentaires de son nom de praticien. Vient le pompon : j’apprends qu’un chirurgien esthétique de Bordeaux a été condamné par le tribunal – mais je  ne parviens pas à connaître son identité. Bref, je suis à deux doigts d’abandonner mon projet de nouveau nez… Sans compter que j’ai lu une myriade de  témoignages de rhinoplasties ratées…

Coup de chance, ma mère vient d’être opérée par un ponte bordelais. Je lui demande conseil, par l’intermédiaire de celle-ci. Elle me rapporte un nom, griffonné sur un bristol. Selon ledit médecin, ce chirurgien est totalement digne de confiance et « a l’œil » : exactement ce que j’attends. J’effectue des recherches sur Google. Je ne lis rien de dithyrambique à propos dudit médecin ; rien de catastrophique non plus. En fait, il n’y aucune info sur lui ;  hormis sur le site de l’ordre des médecins, où je peux vérifier que le monsieur est bien diplômé. Je prends rendez-vous – après tout, cela ne m’engage  encore à rien.

Trois semaines plus tard, me voilà donc dans le cabinet du docteur N. Je réalise à peine.

Depuis deux ans, j’avais tendance à scruter mon nez, à faire une petite fixette sur la légère « rondeur » des côtés de celui-ci, me repoudrant toutes les dix minutes pour éviter les brillances qui ne feraient qu’accentuer lesdites rondeurs… Je dois préciser que le « nez familial » est sublime (vous voyez Carla Bruni ?) et que, manque de bol, je n’en ai pas hérité. Je serais plutôt Céline Dion, époque Eurovision. Bon, pour être plus juste, je suis à mi-chemin entre l’Italienne et la Québécoise. Drôle de mélange, me direz-vous… Lorsque je tombe sur une photographie de bibi, je ne me reconnais pas et me trouve disgracieuse – pire, il me faut une bonne semaine et un kilo de chocolat pour m’en remettre. Sans exagération aucune.

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Le chirurgien est sympathique, propre (c’est devenu optionnel, ma bonne dame…) et semble sérieux ; il prend le temps de m’écouter et n’est pas narcissique. Mon « alarme intérieure » ne s’affole pas. Je me sens en confiance.

Nous faisons les incontournables clichés : de face, profil gauche, profil droit, dessous du nez, dessus du nez. Puis nous les regardons sur son écran d’ordinateur. Je manque défaillir : c’est toujours, psychologiquement, aussi difficile pour moi. A cet instant, je n’ai plus de doute sur le fait qu’il faut que je résolve ce qui tend à devenir un problème, et que j’ai bien fait de venir… Les premières secondes dans son cabinet, j’avais encore un doute.

Nous sommes d’accord sur le fait que mon nez est tout à fait normal, pas repoussant du tout, mais que j’ai de petites « rondeurs » sur les côtés. J’ai peur d’avoir un nez qui s’arrondisse et forcisse avec le temps ; il me confirme que cela pourrait en effet arriver. Sans jamais me forcer la main ou m’influencer durant la demi-heure que dure notre entretien. Je lui explique que j’aimerais supprimer ces « rondeurs » et obtenir quelque-chose de plus racé, plus élégant – sans toucher ni à mon profil, ni à mes narines, ni à la longueur de mon nez – qui me conviennent parfaitement. Bien que le cabinet soit tout à fait moderne, visiblement, le docteur N. ne possède pas cette fameuse machine qui permet de se voir après l’opération via une photographie retouchée. Cela me déçoit et m’inquiète : comment être certains que nous envisageons le même nez ?! Raison de plus pour lui montrer mon « tarin idéal » : je lui balance – un poil gênée – les 475 photos de Megan Fox qui j’ai fait imprimer chez Extra film. Il ne se moque pas (visiblement, il ne sait pas de qui il s’agit…). Et m’indique que cette jeune femme, qui a subi plusieurs rhinoplasties, a probablement une peau très peu épaisse – ce qui donne ce résultat très fin et très gracieux, où l’os et le cartilage se perçoivent bien sous la peau. Je n’y vais pas par quatre chemins, je veux du concret : je lui demande si je peux, grâce au bistouri, obtenir à peu près la même chose. Je suis suspendue, coeur battant, à ses lèvres. Je précise que je ne demande pas l’impossible, hein : j’ai la même forme de visage que la playmate, les mêmes narines et le nez de la même longueur. Il me répond, et toujours sans se fendre la poire, que – pour peu que ma peau soit fine (ce dont il ne peut juger avant d’avoir « ouvert ») – on peut tout à fait avoir un rendu assez proche. Bref, les feux sont au vert ! 

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Le chirurgien me remet un dossier avec le devis, dont je n’ose encore prendre connaissance (et s’il me demandait le double de mon budget ?). J’apprends, étonnée, que je ne lui dois rien sur le plan financier : il ne facture jamais les conseils. Si je souhaite être opérée, je le recontacte. En sortant du cabinet, je suis presque convaincue du bienfait de cette encore hypothétique rhinoplastie. Je jette un œil au devis : 2 600 euros tout compris (frais d’hospitalisation en ambulatoire, frais demandés par le chirurgien et l’anesthésiste, plus toutes les consultations pré et post-opératoires). Ouf !mes d’accord sur le fait que mon nez est tout à fait normal, pas repoussant du tout, mais que j’ai de petites « rondeurs » sur les côtés. J’ai peur d’avoir un nez qui s’arrondisse et forcisse avec le temps ; il me confirme que cela pourrait en effet arriver. Sans jamais me forcer la main ou m’influencer durant la demi-heure que dure notre entretien. Je lui explique que j’aimerais supprimer ces « rondeurs » et obtenir quelque-chose de plus racé, plus élégant – sans toucher ni à mon profil, ni à mes narines, ni à la longueur de mon nez – qui me conviennent parfaitement. Bien que le cabinet soit tout à fait moderne, visiblement, le docteur N. ne possède pas cette fameuse machine qui permet de se voir après l’opération via une photographie retouchée. Cela me déçoit et m’inquiète : comment être certains que nous envisageons le même nez ?!

Raison de plus pour lui montrer mon « tarin idéal » : je lui balance – un poil gênée – les 475 photos de Megan Fox qui j’ai fait imprimer chez Extra film. Il ne se moque pas (visiblement, il ne sait pas de qui il s’agit…). Et m’indique que cette jeune femme, qui a subi plusieurs rhinoplasties, a probablement une peau très peu épaisse – ce qui donne ce résultat très fin et très gracieux, où l’os et le cartilage se perçoivent bien sous la peau. Je n’y vais pas par quatre chemins, je veux du concret : je lui demande si je peux, grâce au bistouri, obtenir à peu près la même chose. Je suis suspendue, coeur battant, à ses lèvres. Je précise que je ne demande pas l’impossible, hein : j’ai la même forme de visage que la playmate, les mêmes narines et le nez de la même longueur. Il me répond, et toujours sans se fendre la poire, que – pour peu que ma peau soit fine (ce dont il ne peut juger avant d’avoir « ouvert ») – on peut tout à fait avoir un rendu assez proche. Bref, les feux sont au vert ! 

Pourquoi ce blog ?

La création de cette page est née d’une constatation étonnante : l’absence de site ou de blog répondant à mes (nombreux) questionnements au sujet de la rhinoplastie. J’ai – en effet – subi une rhinoplastie dite « de la pointe du nez », le 2 septembre 2016, à Bordeaux.

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Puisse-t-elle éclairer celles et ceux qui songent à cette intervention, et – plus encore ! – aider et rassurer celles et ceux qui viennent d’être opérés, et se sentent un chouïa « perdus » une fois rentrés chez eux, comme cela a pu être mon cas.

N’hésitez pas à me soumettre questions et commentaires…

Bienvenue et bonne lecture !

Victoire

 




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