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2 septembre 2016 : de la salle de réveil à mon retour chez moi

Je me réveille vers 14 h, sans aucune douleur. Pour une fois, on ne me laisse pas une éternité en salle de réveil : dans la demi-heure, je retrouve ma chambre et ma mère. Je suis encore perfusée. Mon pansement consiste en un mille-feuille horizontal de strips, lesquels vont d’une narine à l’autre et s’arrêtent à la naissance des joues. La pointe de mon nez est fermement maintenue. J’ai cinq ou six très fins fils bleus qui courent le long de la columelle (puisque j’ai opté pour une rhinoplastie « ouverte »). Un épais pansement est positionné sous mes narines et touche ma lèvre supérieure : il recouvre mon philtrum  et maintient visiblement les deux mèches insérées dans mes narines. Si l’idée d’être « méchée » me faisait peur, je suis surprise de ne rien sentir : ni gène, ni douleur. Bien entendu, je ne peux pas respirer par le nez – mais ce n’est pas si incommodant. Je suis surtout heureuse d’être vivante et d’avoir fait le plus dur (du moins le crois-je à l’heure qu’il est…) ! Ma mère n’a pas tourné de l’œil en me voyant : c’est bon signe.  J’ai interdiction formelle de me lever : je dois rester dans mon lit, afin de ne pas vomir ou de faire un malaise (anesthésie oblige). Impossible donc de me rendre aux toilettes ou de me regarder dans la glace. Je n’ai pas le droit de boire non plus. Je lutte de toutes mes forces pour ne pas m’endormir ; au bout d’une heure, ne tenant plus, je ronfle comme un sonneur… Pendant que je dors, ma mère règle les frais d’anesthésie réclamés à ce moment-là.

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A mon réveil, une ou deux heures plus tard, je ne ressens toujours aucune douleur : rien au nez, rien à la tête, rien nulle part. Je me sens étrangement et parfaitement bien ! Mon unique obsession est de poser mon derrière sur les toilettes situées à un malheureux mètre de moi (mais comment est-il possible d’avoir autant envie de p*** sans avoir rien bu ?!). Une aide soignante m’apporte un curieux engin – vérification faite, on nomme cela un « bassin de lit ». Je n’ai pas le luxe de chipoter. L’entreprise n’est pas très au point : grimpée sur le bassin posé sur mon lit mou, à demi endormie, ce qui devait arriver arrive : je fais à moitié à côté… M’en fous (en des temps ordinaires, je serais totalement mortifiée) : c’est le meilleur pipi de ma vie !

On m’apporte, dans le quart d’heure qui suit, un thé, une madeleine et un yaourt. C’est décidément Noël ! Assoiffée, j’empoigne ma tasse de thé… et plonge mon pansement dedans ! Tout le bas de celui-ci est imbibé… Au bout de la trois-millième rhinoplastie, personne n’a donc songé, dans cette clinique, qu’une paille serait très bienvenue pour boire ?! Je demande une paille et l’obtiens. J’ai beau m’y prendre délicatement, je barbouille à présent le bas de mon pansement de yaourt et de miettes. Je ne vois pas comment faire autrement. Je suis surprise de ne pas avoir perdu le goût des choses : je sens parfaitement le parfum de citron de la madeleine. Mais aussi l’odeur du thé. Toutefois, ma lèvre supérieure est totalement raide. Une raideur renforcée par ma peur de « casser » les fils de ma columelle ou d’abîmer mon nouveau nez. Tout cela gène mon articulation. Mais rien de vraiment handicapant.

Dans l’heure qui suit, j’ai enfin le droit de mettre pied à terre ! Je me retrouve, en blouse bleue, devant le miroir de la salle de douche. Mon visage est badigeonné de Bétadine : je suis jaune-orangée des sourcils au menton ! Mais agréablement surprise : je ne ressemble pas à ces jeunes femmes au visage comme « boxé » que j’ai pu voir sur différents blogs. Je n’ai aucun bleu. Aucun œdème. Mes yeux sont parfaitement ouverts. La pointe de mon nez, sous les strips, me semble déjà plus rectiligne et plus fine. J’ai la sensation que les « rondeurs » que je détestais, sur les côtés, se sont envolées. Je suis rassurée – et ravie ! Je peux enfin me laver les mains et me rafraîchir. Bonheur…

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Mon infirmière vient ôter, en tirant vers le bas avec ses ongles, les mèches de mon nez (et donc l’épais pansement qui les maintenait). Si ce n’est pas agréable du tout, ce n’est pas douloureux non plus. Avec les compresses de gaze qu’elle me laisse, je dois éponger le sang qui s’écoule lentement de mes narines. Pas de quoi tourner de l’œil : trois-quatre gouttes, tout au plus, durant une heure. Je vais devoir conserver les strips collés sur mon nez durant environ 5 jours – puis je pourrai les ôter. J’ai toujours ma perf’ au bras. Je me sens dans une forme olympique !

Les deux-trois heures qui suivent sont des heures d’attente. On me dit que le chirurgien va passer vers 19 h : lui seul est habilité à donner le feu vert pour mon retour chez moi. Celui-ci arrive, sac au dos et détendu, jette à peine un coup d’œil à son travail et me donne le fameux sésame. L’infirmière est embêtée, car elle doit remplacer ma perf’ avant mon départ, et le flacon de « je-ne-sais-quoi » (un liquide transparent) qu’elle met en place s’écoule anormalement doucement. Attendre, encore… Vers 20 h, le flacon est vide : on m’ôte ma perf’, je quitte définitivement mon uniforme bleu, m’habille, me parfume, me nettoie le visage à l’aide d’un coton imbibé d’eau de rose, me coiffe : nous jetons enfin l’encre, mes deux bracelets encore aux poignets ! Comme disait Candide : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes… ».

 

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