2 septembre 2016 : de mon admission à la salle d’op’

2 septembre. Le grand jour. Le réveil sonne à 5 heures du matin. Je file sous la douche. Je suis encore en mode « cerveau sur pause » ; je fais tout mécaniquement. Je dois, comme la veille au soir, me laver le corps et les cheveux avec un antiseptique – j’ai nommé « Hibiscrub 4% » (moins désagréable que la légendaire « Bétadine scrub 4% »). C’est ce qu’on appelle la « douche pré-opératoire ». Ma salle de bains et ma peau diffusent un délicieux parfum d’hôpital : un bonheur ! Je n’ai droit à aucun bijou, aucun parfum, aucun maquillage, aucune crème hydratante (ce dernier point n’étant pas précisé sur les documents que l’on m’a remis, je me suis allègrement tartinée le museau, peau très déshydratée et hypersensible oblige). Aucune goutte d’eau non plus – depuis 2 heures du matin, l’opération étant prévue pour 10 heures. J’enfile un vêtement pratique et je glisse dans mon panier tout ce dont j’aurai besoin à mon réveil : du parfum, une eau micellaire, un tube de crème hydratante et une petite bouteille d’eau. De vrais luxes, à présent ! Et je prends la route pour la clinique.

J’arrive dans un établissement ensommeillé, à demi-vide. Une télévision diffuse les infos en boucle : pas du tout anxiogène ! On m’attend pour l’admission au bureau des entrées : derniers documents à remettre (dont les résultats de la fameuse prise de sang !), d’autres à signer, frais divers à régler, etc. On me donne d’autres documents en échange, ainsi que les fameux bracelets à mon nom. L’heure est grave. De temps en temps, un petit vent de panique m’assaille ; je me vois prendre mes jambes à mon cou. Je lance, mi-figue, mi-raisin, à ma mère, qui m’accompagne : « On se taille ? ». Nous rions ; la tension redescend. Je monte à l’étage, où se trouve ma chambre et où je dois trouver le bureau des infirmières. Le personnel est aux petits soins. L’ambiance, détendue. La chambre (individuelle) est claire, spacieuse et propre. J’ai une « vraie » salle d’eau, avec douche et toilettes. Bon, c’est la moindre des choses pour 800 euros…

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Installée dans ma chambre, l’infirmière me demande si je souhaite prendre un petit calmant. Un peu, mon n’veu ! J’avale deux cachets avec un fond d’eau. C’est la gorgée la plus délectable de ma vie. Bon, j’avoue : continuant mes petits arrangements, j’ai déjà bu deux ou trois gorgées d’eau en douce dans ma petite bouteille. Elle m’apporte l’ensemble sexy en diable que je devrai enfiler sous peu : des chaussons, une charlotte, une blouse en intissé (ouverte à l’arrière ; seuls deux liens donnent un semblant d’intimité). Luxe ultime : une culotte ! Archi-transparente, mais qui a le mérite d’exister – et faute de quoi j’aurais gardé ma culotte. Non mais ! L’information selon laquelle je n’ai pas fait ma prise de sang est remontée aux oreilles de l’infirmière. Zut ! Cela fait tout un bazar. Elle m’informe que je vais probablement devoir la faire, là, dans les 5 minutes – elle va s’informer auprès de l’anesthésiste. Je me délite. Finalement, j’apprends que, pour cette fois, ça ira. Petit rire victorieux.

Il est 10 heures. Je devrais déjà être partie en salle d’op’. J’apprends que, finalement, je ne serai opérée qu’à 11 heures. Sur le fauteuil de ma chambre, j’attends que les anxiolytiques fassent leur oeuvre. Ça ne tarde pas… J’ai une envie folle de dormir. Plus embêtant : je suis prise de fous rires irrépressibles ! J’ai l’air ivre morte ! Voilà que je suis morte de honte à l’idée qu’on pense que je suis pompette… Et je ricane de plus belle ! Vingt bonnes minutes sont nécessaire pour que je retrouve mes esprits. J’enfile mon gracieux uniforme bleu. La culotte est riquiqui. Un petit 38. L’attente est interminable – mais plus une once de stress à l’horizon. J’entends le bruit du fauteuil roulant dans le couloir ; je pars avec un aide-soignant qui prend un malin plaisir à prendre les virages à 220 kilomètres à l’heure.

Je me retrouve en moins de deux sur un brancard, enveloppée dans une couverture de survie dorée, dans une salle avec trois ou quatre patients qui attendent, comme moi, qu’on les opère. L’anesthésiste arrive, et me fiche une perfusion dans le pli du coude gauche. Pas agréable mais supportable. Une jeune femme, en face de moi, bat des cils, sa perf’ dans le bras : elle est à deux doigts de « conclure » avec l’infirmier qui vient de la piquer (Jean-Claude Dusse, si tu me lis…). Je suis au spectacle, sidérée par le je-m’en-foutisme de la donzelle : j’en oublie le pique de métal enfoncé dans mes chairs.

Dix minutes plus tard, me voilà dans la salle d’opération. Sept ou huit personnes tout de bleu vêtus s’affairent autour de moi. Allongée sur une table d’opération bien différente de ce que j’avais connu jadis – c’est-à-dire moelleuse à souhait – on me glisse une sorte de chauffage sous la blouse, lequel repose sur mes cuisses et me réchauffe agréablement. Une infirmière me dit, adorablement : « On va vous chouchouter ! ». Le reste, je ne m’en souviens pas : Morphée m’emporte en moins de deux ! Je ne saurais même pas dire de quelle façon – masque ou intra-veineuse ? – on m’a endormie…



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