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Archive mensuelle de octobre 2016

Les 10 premiers jours suivants l’opération

Samedi 3 septembre : Lendemain de l’opération. Ce n’est qu’extase, ravissement, joie extrême ! Point de ce « choc psychologique » tant craint. Je ne peux pas respirer avec aisance, car mes narines, comprimées par les strips et gonflées par un léger et inévitable œdème (situé sous la pointe du nez), sont devenues relativement étroites. Mais c’est très supportable. Je ne vois pas grand-chose de mon nouveau nez, mais j’ai la sensation d’être déjà plus jolie et d’avoir fait le bon choix. 

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Depuis mon canapé, pas la plus petite douleur (je ne dois pas attendre que celle-ci survienne : l’infirmière me recommande un comprimé d’ibuprofène toutes les 6 heures durant deux jours). Pas le plus infime bleu. Pas le plus petit saignement. Je continue – et pour 10 jours encore – les granules homéopathiques d’arnica 15 CH. Leur efficacité est indéniable. A l’homéopathie et à l’ibuprofène, je dois ajouter le nettoyage de mes narines à l’aide d’un spray nasal. Ceci afin d’évacuer le sang séché accumulé dans le haut de mes narines, et de jouer le rôle de mouchoir. Il me faut, enfin, du côté de la columelle, badigeonner généreusement les points de suture et ce qui n’est pas encore une cicatrice de « vaseline goménolée » – nom barbare, s’il en est. Ceci afin – comme je l’apprendrai seule – d’assouplir la peau, d’apporter du confort et d’aider à la cicatrisation, en stimulant la rénovation cellulaire. Cela permet, enfin, que les fils adhèrent moins à la peau. Ma mère me rapporte de la « vaseline tout court » ; faudra bien que ça fasse l’affaire ! Voilà pour les consignes. Débrouille-toi avec çà !

La première tentative de nettoyage est assez malaisée… L’usage du spray est désagréable, car il m’est impossible d’insérer l’embout dans mes narines. Le liquide ressort aussitôt, aussi clair, et me dégouline dans la bouche. Bonheur… Passer un coton-tige enduit de vaseline sur les points de suture est moins simple qu’il n’y parait : lorsqu’un imperceptible et bien inoffensif filament de coton s’accroche à l’extrémité d’un point de suture, c’est à une véritable décharge électrique dans le tarin que vous avez affaire ! Viennent les inévitables et désormais très redoutés éternuements. Impossible de se payer le luxe de s’adonner à ce plaisir désormais interdit ! Quant à l’idée de se moucher, ce n’est même pas la peine d’y songer – malheureuse… !

Dimanche 4 septembre : Je ne cesse les va-et-vient dans la salle de bains. J’ai la sensation de pisser dans un violon, avec mes cotons-tiges et mes potions diverses. Mon nez commence à répandre une « étrange odeur »… Je parviens à ôter de mon nez du sang séché, d’une couleur brune peu ragoûtante. Mais l’humeur reste néanmoins bonne – voire extatique.

Lundi 5 septembre : « L’étrange odeur » est devenue très caractéristique : mon nez sent tout à la fois le fromage et les égouts ! Du plus grand chic. L’inquiétude monte. Je téléphone à la clinique. La secrétaire, très au fait des choses, me répond que cela peut arriver, et qu’à priori, il n’y a pas à s’inquiéter. « A priori » ? A partir de quand quitte-t-on « l’a priori » pour entrer dans l’anormalité, le grave, l’urgence ?

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Mardi 6 septembre : Premières heures du jour. J’émerge au rayon fromage… C’est de pire en pire. Je ne supporte plus. J’ai peur de « pourrir ». Déformation professionnelle – je suis historienne : je ne cesse de songer à Louis XIV et à sa gangrène qui le fait littéralement « pourrir vivant »… L’angoisse me saute à la gorge. Je cours sur internet. Sais-je me laver le nez comme il faut ? Me le nettoyé-je suffisamment ? Le chirurgien ne m’a donné aucune consigne à ces propos. Je ne trouve pas de réponse. Je file à la pharmacie. Je lutte pour ne pas me répandre en sanglots (« Ne me secouez pas, je suis plein de larmes », pour reprendre la phrase de l’écrivain Henri Calet). Je dois me débrouiller seule. Je demande du sérum physiologique. Le pharmacien me déconseille la « vaseline goménolée », à l’odeur rêvée de menthol – pourtant préconisée par les chirurgiens de France et de Navarre ! – jugée trop agressive pour mes plaies.

Je m’enferme dans la salle de bains ; je suis prête à engager les hostilités ! Après une minute de réflexion, je mets au point une technique de nettoyage qui se révélera salvatrice. Je penche ma tête sur le côté gauche. Je fais couler une bonne dose de sérum physiologique dans ma narine droite. Je tourne ma tête dans tous les sens, afin que le liquide se répande dans tous les recoins de mon nez. Avec un coton-tige, j’ôte avec délicatesse tout ce que je peux ôter de sang et de sécrétions nasales – en prenant soin de ne pas abîmer les quelques fils résorbables situés à l’intérieur de mon nez. Dix cotons-tiges y passent, mais la récolte est maigre. Je penche ma tête sur le côté droit, et je recommence l’opération sur la narine gauche. Outre le nettoyage, cela permet d’hydrater l’intérieur de mon nez, qui commence à « tirer » désagréablement.

Puis une idée me vient : si la vaseline agit positivement sur la columelle, pourquoi ne pourrait-elle pas faire de même pour l’intérieur de mon nez ? J’applique donc une fine couche de vaseline sur les parois internes de celui-ci, et une – bien épaisse – sur le haut de mes narines, là où le sang coagulé s’est accumulé. Ce qui rend ma respiration encore moins aisée – mais l’urgence est,  pour ma santé mentale, d’évacuer cette odeur pestilentielle (que je suis toutefois seule à percevoir).

Je vais renouveler l’opération quatre ou cinq fois par jour, et ce, durant deux semaines. Je laisse donc en place la vaseline plusieurs heures, avant de l’ôter au coton-tige (devenu mon bien le plus précieux !), de nettoyer mon nez au sérum physiologique, puis de recommencer « l’opération vaseline ». Le 9 septembre, je parviens à ôter, en un passage, un gros caillot de sang coagulé dans chaque narine – et donc, à me débarrasser à 70 % de l’exquis parfum qui me précède depuis presque une semaine. Par ailleurs, je remarque que la vaseline camoufle bien les odeurs. Un produit miracle !

Mercredi 7 septembre : J + 5 : j’ai le droit d’ôter les strips. Ce qui m’arrange, car le nettoyage de mon nez n’en sera que facilité. Si cela se fait sans douleur, j’ai peur. Terriblement peur d’un ratage. Adrénaline. Mon nez ne s’avère finalement ni beau, ni laid. Il est modérément gonflé. Cependant, ce qui faisait son charme n’est plus. Le voici plus court : l’espace compris entre ma bouche et mon nez semble en effet plus grand. Adrénaline. Je me dis que ce doit être normal ; que le nez doit s’être un peu rétracté, sous l’influence du bistouri et de l’œdème. Je crains soudainement que le chirurgien me l’ait raccourci sans m’en parler… Adrénaline. Puis je tente de me rassurer : l’opération est tout fraîche ! Bref, j’ai le palpitant qui joue les montagnes russes… Il faut admettre, toutefois, que la pointe de mon nez est légèrement plus triangulaire qu’auparavant.

En soirée, stupeur et tremblements ! mon nez commence à gonfler. Il enfle désormais d’heure en heure. A minuit, j’ai une patate en guise de tarin… Jusqu’où va-t-il aller ainsi… ? Le carrosse se transforme en citrouille. Pour bien faire, je mets des heures à comprendre que les strips, en comprimant mon nez, maintenaient celui-ci à peu près dans son état normal. Et que, par conséquent, le fait qu’il enfle désormais est tout à fait logique.

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Ce n’est toutefois que le 12 septembre - à J + 10 - qu’il commencera à dégonfler. 




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