Quatrième mois … sous haute-tension !

Nous nous sommes quittés le 6 novembre dernier ; presque deux mois se sont écoulés. Du côté de mon nez, rien n’a bougé – je me fais violence pour vous montrer, photo pourrie à l’appui, de quoi il retourne. Ni les prières, ni les massages ou le temps n’ont amélioré quoi que ce soit. Mon nez alterne entre la taille 38/40 et un bon 46/48 dix fois au cours de la journée. Je me lève avec une patate entre les deux yeux – et l’envie de repartir me coucher. Ma séance quotidienne de sport – par moins 10 degrés – me rétracte un peu le tarin. Mais je stationne dix minutes devant la cheminée et il triple. Bref, un vrai nez animal de foire ! La pointe est toujours ronde et mastoc – en particulier sur le côté droit (à gauche sur la photo). De face et par en-dessous, elle est trop relevée, asymétrique et tordue. Je vous rappelle que j’avais, à la base, un nez droit et bien équilibré – seule la pointe, au niveau des côtés seulement, me semblait un peu trop arrondie. Mais rien à voir, en termes de « rondeurs » avec l’aspect qu’il a aujourd’hui ! Seul point positif : la cicatrice, le long de la columelle est devenue presque imperceptible (nul besoin de correcteur ou d’anticernes : si vous préférez une rhinoplastie « ouverte », donc, n’hésitez pas !). Bien qu’ « en bois », mon nez est particulièrement sensible à l’eau froide et au vent. 

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Décembre 2016 : 3 mois après l’opération

Plus perturbant encore : en quelques semaines, j’ai perdu le « goût de me plaire ». J’aimais – passant devant le miroir – me surprendre à me trouver jolie. Comme tout un chacun, j’aimais – aussi – avoir le sentiment de plaire. Désormais, au pire, je fuis les regards ; au mieux, je m’en détache. En septembre, passant la porte de la clinique, je pensais que mon visage embelli, je gagnerai en force et en confiance. A présent, je « m’oublie » ; je ne suis plus qu’un « être pensant ». La mécanique du cerveau est décidément fabuleuse : cela me maintient la tête hors de l’eau… Mais combien de temps vais-je supporter la mise au placard d’une partie de moi-même ?

Il y a un mois, j’ai fait la connaissance d’une jeune femme qui a subi sa première rhinoplastie il y a des années, pendant qu’elle était dans le coma, suite à un accident de voiture. L’opération s’est révélée être une catastrophe ; l’art de la rhinoplastie était alors encore balbutiant. Elle en est à ce jour à sa cinquième rhinoplastie… Les chirurgiens refusent de l’opérer de nouveau – se contentant de lui conseiller de travailler « à s’accepter » avec l’aide d’un psychiatre. Son nez est totalement « fibrosé » (permettez-moi ce néologisme qui m’arrange !), à force d’interventions, toutes ratées. En effet, il faut savoir que si l’on opère sur de la fibrose (fibrose qu’on ne peut pas retirer), celle-ci n’en sera que plus volumineuse par la suite. Bref, en l’état actuel de nos connaissances médicales, il n’y a, pour cette jeune femme adorable, aucune solution. Son état psychique est déplorable. Au physique, ce n’est guère mieux : son nez est difforme. Elle n’est plus en mesure de travailler ; n’a plus un sou. Dépressive, elle carbure au Prozac. C’est malheureux, mais cette histoire cauchemardesque a mis un coup de frein à mon désespoir. Je me « contente » donc d’avoir des poussées de stress monstres. Et j’exclue à présent tout à fait la corde, le cyanure et le 22 Long Rifle !

J’ai lu, il y a peu, sur le site d’un plasticien réputé, que la rhinoplastie était la plus merveilleuse des interventions à visée esthétique. J’en suis fermement convaincue. Mais elle est également la plus délicate, la plus difficile et la plus risquée. Je mesure aujourd’hui le poids de ces mots. Ce que j’aimerais vous dire, chère lectrice, cher lecteur – et que j’aurais aimé entendre avant de sauter le pas – c’est d’y aller si et seulement si votre promontoire est ingrat et qu’il vous pourrit la vie. S’il s’agit – comme dans mon cas – de corriger un tout petit défaut, peut-être est-il plus raisonnable de s’abstenir et de se consoler avec, par exemple, une jolie paire d’escarpins aux semelles rouges ! J’imagine combien lire tout çà est déplaisant. Contrariant. Même lorsqu’on croit « se demander » si l’on va opter pour une rhinoplastie, en réalité, on a davantage envie d’y aller que de s’abstenir… On souhaite donc lire des témoignages positifs. A vous de voir ce que vous êtes prêts à endurer au cas où le résultat ne serait pas celui auquel vous vous attendiez. Songez aux risques, grands, pour un si petit bénéfice. Qui n’est pas certain d’être au rendez-vous. Le mieux est l’ennemi du bien… On pense, également, souvent, qu’avec un bon chirurgien, on est « à l’abri ». Mon histoire prouve que ce n’est pas le cas. On ne sait, en réalité, jamais comment le corps va réagir, bousculé par le bistouri. Je ne fume pas, je suis en bonne santé, je fais du sport chaque jour depuis 15 ans, j’ai la peau fine et blanche (les peaux foncées sont plus sujettes à la fibrose, à cause de la mélanine, qu’elles fabriquent en quantité) : tous les feux étaient au vert.

Il y a trois jours, à cette heure tardive, j’étais sous double dose d’Urbanyl et j’essayais de me concentrer sur la page 67 d’A la recherche du temps perdu. En vain. J’avais rendez-vous, quelques heures plus tard, chez le docteur N. pour ma très crainte – et néanmoins très espérée – injection de corticoïdes.

Il est 14 h 30. Dans la salle d’attente, je plane. J’ai (re)pris une double dose d’Urbanyl, une heure avant le rendez-vous. Je me suis passée de café. Je croise le regard du chirurgien, qui – comme tout chirurgien esthétique, je suppose – ne vous regarde pas « dans les yeux » mais « dans le nez ». Je me cache derrière mes cheveux. J’ai honte. Honte d’être celle avec qui « ça a foiré » ; celle qui pose problème. Honte, en me revoyant, des mois plus tôt, avec mon éventail de photos de Megan Fox ; et osant alors naïvement penser que je pouvais obtenir un résultat similaire. Je vis ce nouveau nez comme un retour de bâton pour un pêché d’orgueil. Je me sens stupide. Stupide et enlaidie. Pour bien faire, j’ai pris 3 kilos – et tout dans la tronche. L’air détendu du docteur N. cherche à désamorcer mes inquiétudes, je le sens bien – mais je n’ai pas la force de faire semblant. Je lui souris plus que fraîchement.

J’entre dans le cabinet. Je me suis tant oubliée physiquement que je ne parviens même plus à me tenir correctement sur mon siège. Mes années de danse classique, mon maintien pour lequel on m’a tant félicitée : tout a foutu le camp ! Je veux juste qu’il me sorte de là. Nous prenons les habituels clichés. Mon corps est glacé, dedans-dehors. Je refuse d’ôter mon écharpe cache-misère. L’ordinateur sur lequel nous visionnons les clichés déconne. Tant mieux ; cela m’épargne un traumatisme supplémentaire. Puis j’apprends qu’il n’y a plus de seringues de corticoïdes : rupture de stock, donc pas de livraison le matin même. Il n’y en a pas non plus dans les trois pharmacies du coin. Alors, si je veux bien, me dit le docteur N., je peux aller chercher une boîte de Diprostène injectable, en seringue pré-remplie, à la pharmacie du cours Clémenceau. Il me fait une ordonnance et me donne un billet de 20 euros. La secrétaire me prévient : « Ils sont bizarres ! ». T’inquiète, moi aussi, en ce moment, je suis « bizarre »… ! Je file sous le crachin. Lorsque je reviens, une patiente m’est passée devant. Merci à l’Urbanyl : alors que je devrais ruminer de me retrouver à nouveau dans la salle d’attente, je m’en fous. Je replonge dans le Elle de septembre, peuplé de filles magnifiques, dont je ne vois que le nez. Parfait. Rectiligne. 

Arrive enfin l’exquis moment où je dois m’allonger sur la table d’examen. Je lâche enfin le morceau : je suis terriblement angoissée depuis des semaines ; je n’ai même pas la « chance » d’être déçue. Etre « déçu », c’est être monté « trop haut » ; c’est avoir eu les yeux plus gros que le ventre. En sus, avec la « déception », on est dans la subjectivité pure. Moi, je suis objectivement ratée. Et puis, sachez, Docteur, que j’ai lu des horreurs sur internet au sujet des corticoïdes ! Nécrose en tête. J’en arrive presque à demander au toubib ses diplômes… Rien ne semble le déstabiliser : il est aussi zen que je suis soudainement prête à mordre. Il m’explique que cela peut arriver en cas de surdosage, avec des produits très forts, comme le Kenacort. Mais que le produit qu’il va m’injecter est beaucoup moins fort et que la dose injectée va être minime. Bouffée d’oxygène. Je lui parle de la cicatrice dite « chéloïde », qui me fiche une peur bleue (vous savez, celle qui ne cesse de « pousser »). Il m’affirme que je ne suis pas concernée ; que celle-ci est rose et boursouflée, ce qui n’est pas mon cas. Mais comment peut-il le savoir puisqu’il n’est pas allé voir au fin fond de mon tarin ?! Bon, à la rigueur – je baisse les armes, psychiquement lasse et épuisée. 

Le chirurgien me tripote l’appendice ; il cherche à localiser précisément la fibrose, dans laquelle il va injecter les corticoïdes. Il me le retournerait presque, comme un bonnet de bain… Mon nez est dur comme du béton – fibrose oblige. Il enfile ses gants. M’explique qu’il va piquer à l’intérieur du nez : celle-là, je ne l’avais pas prévue ! Uniquement du côté droit, où j’ai cette « boule », dont il ne comprend toujours pas l’origine. Je refuse de poser les yeux sur la seringue. L’instant d’une demi-seconde, dans la panique, je me vois prendre mes jambes à mon cou… Je n’ai d’autre choix que le courage. Je ferme les yeux. Je sens que ça « craque », à l’intérieur, quand le docteur N. enfonce l’aiguille dans l’enchevêtrement de fibres de mon nez. Ce n’est pas violent, mais très désagréable. Et il repique. Encore. Et encore. Quatre fois en tout et pour tout. Cela dure dix secondes. Le geste est précis. La main, sûre. Ça saigne, un peu. Une larme m’échappe, que le chirurgien essuie : douleur, peur, tensions, soulagement… Beau paquet d’émotions !

Le docteur N. m’explique que si cela n’évolue pas favorablement, d’ici quelques mois, une opération – du côté droit seulement – sera envisageable. Que l’on ne va pas me « laisser comme çà ». Ouf… Il se rend compte ! Mais, par ces mots, il admet également que c’est « raté ». Coup de massue. Tout recommencer ? L’attente. La douche à la Bétadine-qui-pue. L’hospitalisation. La salle de réveil. La douleur. La mise hors circuit. L’attente (bis). Et la peur, surtout. Peur d’y rester. Peur du ratage. Il faut que les injections donnent le résultat escompté. Il le faut.

Nous reprenons rendez-vous pour le 14 février. On a la saint-Valentin qu’on peut ! D’ici là, avec un peu de chance, la fibrose aura diminué et mon nez aura retrouvé un peu de souplesse et d’allure. [Méthode Coué]. Si besoin est, j’aurai de nouvelles injections de Diprostène. Les améliorations – si elles surviennent – n’auront pas lieu avant 15 jours (donc, autour du 23 janvier). Je compte les jours. Et j’espère.

Mise à jour du 30 janvier 2017 :

A J + 21, le Diprostène n’a toujours pas fait effet. Je tente – avec plus ou moins de réussite – de ne pas m’effondrer, de ne pas paniquer. J’ai revu mes exigences à la baisse : je n’attends plus le nez de mes rêves – celui pour lequel je m’étais faite opérer et dont je fais le deuil (il m’est plus difficile, en revanche, de faire le deuil de mon nez d’origine). J’ai perdu 2.600 €, beaucoup de temps, d’énergie et d’estime de moi ; j’ai souffert (opération, injections, sueurs froides), espéré, désespéré… A présent, je souhaite juste retrouver un nez « normal » – dégonflé, équilibré, non contracté.

 26 janvier 2017 - Copie

26 janvier 2017 : 4 mois après l’opération + 17 jours après injections de Diprostène

25 janvier 2017 (50) - Copie

26 janvier 2017 : Asymétrie gauche/droite



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